Vendredi dernier, le rappeur de La Courneuve sortait Stamina, son 3e album studio comportant notamment des feats surprises avec Laylow, Nekfeu ou encore Tayc. Parmi les titres plébiscités de cet album, 93 mesures, qui a déjà tous les éléments pour être considéré comme un classique du genre.

2020 est peut-être l’année de la consécration pour Dinos. Le rappeur du 93 bat ainsi tous ses précédents records de démarrage, que ce soit en chiffres streaming, en téléchargements ou en ventes physiques. Alors qu’Aya Nakamura occupait depuis peu les premières places des classements avec son 2e projet Aya, l’album Stamina de Dinos est venu chambouler les charts avec la plupart des morceaux rentrant directement dans le top des titres les plus écoutés de l’Hexagone.

Un projet assez complet où on retrouve la plume caractéristique du rappeur de l’écurie SPKTAQLR ( Dosseh, Lacrim, Marie Plassard, etc..). Au milieu de ceux-ci, un titre retiendra particulièrement l’attention des auditeurs : 93 mesures. 4 minutes 25 au cours desquelles Dinos se livre sur sa vie, mais également sur  un certain nombre de sujets actuels de société, le tout sur un air de piano mélancolique à sonorité classique.

Car ce morceau sent le classique, il respire le classique, et tout laisse à penser que le titre s’inscrira dans le Panthéon du rap français comme un morceau clé de ce genre musical. D’abord au niveau de la production : On y retrouve Sofiane Pamart, déjà bien connu pour être un des pianistes référents du rap game, et dont la signature se reconnaît dès les premières notes. Une prod minimaliste basée sur quelques notes de piano presque inspirées de Chopin, tantôt inspirées de Liszt qui lui donnent un aspect quasi éternel.

C’est donc 4 minutes 25 au cours desquelles le rappeur de Seine Saint-Denis se livre sur les violences policières avec cette phrase qui deviendra presque iconique « Chaque contrôle de police me rapproche de mon feat avec 2Pac ». Parfaitement ancrée dans le temps, cette punchline reprise dans les manifestations récentes contribuera certainement à l’édification du caractère historique du morceau. Mais ce n’est pas tout : Dinos se livre également sur la mentalité de quartier et ses codes parfois contraignants (« J’peux pas aller chez le psy parce que j’suis un mec de tess, j’ai plein d’principes stupides quej’dois respecter »), son rapport à la religion (plusieurs références aux pêchés et au Jugement Dernier), mais aussi sur sa maturité depuis ses débuts dans le rap.

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Sur un morceau à couplet unique sans refrain, le rappeur nous livre ainsi une étonnante leçon de rap, tant au niveau de la technicité (métaphores, personnifications, jeux de consonances, allitérations, etc…) que des sujets abordés. Un morceau qui rappelle également des titres iconiques de Kery James ou encore Oxmo Puccino dans la plume comme dans le style.

Merci Dinos.

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