Ernests Gulbis à Wimbledon - le retour qu'on n'attendait plus

Pour chaque tour, La Sueur intronise un nouveau joueur ou une nouvelle joueuse au Hall of Fame de ce Wimbledon 2017. Pour ce second tour, notre premier Hall of Famer est letton. Second indice : il est 589e mondial. Eh oui, on peut être quasi-600ème mondial et être Hall of Famer ! Bon, vous voyez qui c’est ? Mais si, vous le connaissez forcément, c’est un phénomène sportif et extrasportif ! Ernests Gulbis .

Ernests Gulbis est né le 30 août 1988. A 28 ans, le Letton est passé de la 10e place mondiale à 589e en seulement 3 ans. Une carrière insolite pour un joueur insolite. Venant d’une famille extrêmement riche (3e fortune du pays en 2014), le petit Ernests dit à ses parents qu’il veut devenir tennisman professionnel. Pas de soucis, il est envoyé à 12 ans dans l’académie de Niki Pilic à Munich. Puis, c’est Karl Heinz Wetter qui rejoint son équipe en tant que préparateur physique. Depuis 2007, le Letton a battu 17 fois des membres du Top 10 et a surtout connu une demi-finale à Roland Garros, il y a trois ans. Demie dont tout le monde se souvient en France puisque sa performance représentait un WTF complet. Il avait alors éliminé des gars comme Stepanek, Federer et Berdych avant de perdre face à Djokovic. Mais mis à part cette performance, on ne retrouve rien de particulièrement beau dans le palmarès du letton. Depuis 2014, c’est la chute libre totale : 13e en fin d’année 2014 puis 81e en 2015, 151e fin 2016 et 589e aujourd’hui. En 2017 sur le circuit principal, Ernests Gulbis totalise 11 matchs : 4 victoires (dont 2 à Wimbledon) et 7 défaites. Aucune préparation sur gazon, rien du tout, et mis à part sa victoire début Juin sur terre face à Norbert Gombos (93e), sa dernière victoire remontait à Février 2017. Naufrage naufrage.

Reconnaissons-le : Gulbis est surtout connu pour son coup droit particulièrement hideux il y a quelques mois de ça (préparation Rabbi Jacobesque), pour son caractère, sa personnalité, mais aussi ses frasques. Par exemple, il a déclaré qu’il aimerait fracasser une raquette sur chaque court où il a évolué. Une sorte de marque indélébile, on suppose. En 2009, il a passé un court séjour en garde à vue après s’être fait gauler (c’est le bon mot) en compagnie d’une prostituée. Il déclarera juste après sa libération que « Cette nuit a été très divertissante. Je pense que tout le monde devrait y aller au moins une fois ». Un génie. Et surtout, après sa fameuse demie à Roland Garros, Ernests avait claqué tout son prize-money dans un casino letton, soit l’équivalent de 412 500€. Et ce, en une seule mise ! Un champion toute catégorie, son intronisation au Hall of Fame est donc évidente….

Mais, pour une fois, elle est évidente sur un plan sportif ! Car oui, Ernests Gulbis renaît de ses cendres. Muni d’un classement protégé, l’ATP lui a permis de disputer ce Wimbledon 2017. Au même titre que Jerzy Janowicz (qui aurait très bien pu être notre premier lauréat d’ailleurs !). Au premier tout, le letton affrontait Victor Estrella Burgos, 96e mondial. Vu le début de saison de Gulbis, il était quasi-évident que le dominicain allait l’emporter. Mais le sort en a été autrement : au lieu d’une victoire, Estrella Burgos a pris une branlée : 6/1 6/1 6/2 en une heure et demie. Bon… Pourquoi pas après tout, Gulbis a été 10e mondial, il sait jouer au tennis ! Mais c’est quasiment historique dans la carrière du letton : c’est sa première victoire sur le circuit majeur depuis Roland Garros 2016. Au second tour, il fallait s’attaquer à un bien plus gros morceau : l’Argentin Juan Martin Del Potro. Clarifions immédiatement les choses : Del Potro n’est plus le plus grand Del Potro. Mais il restera pour toujours un demi-finaliste à Wimbledon en 2013. Pourtant il n’y a pas eu de débat entre le 32e et le 589e mondial. Aussi surprenant cela puisse paraître, c’est bien le 589e qui a battu le 32e. Dans un match vilain (mais alors vilain… très très moche), c’est bien Ernests Gulbis qui s’impose en 3 sets 6/4 6/4 7/6. Mais Gulbis fait forte impression : 82% de points gagnés sur sa première balle. Et surtout, 25 aces et 60 coups gagnants. Ce ne sont pas des balles qui sortent de sa raquette, c’est du feu.

Au tour suivant, le letton sera opposé à Novak Djokovic. C’est aussi pour ça qu’on vous parle d’Ernests Gulbis maintenant, parce qu’on en a encore l’opportunité. On souhaite au fond de nous voir Gulbis en seconde semaine ici, en partie parce qu’il peut nous sortir des pépites à tout moment. Dans l’historique des affrontements, avantage Djokovic bien évidemment. Mais, mais, mais : Ernests Gulbis a déjà battu Novak Djokovic, c’était à Brisbane en 2009. Alors on croise les doigts, mais quoiqu’il arrive Ernests, tu seras à jamais notre premier Hall of Famer à Wimbledon, alors : bravo !

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