Fernando Verdasco : le cauchemar de ton tennisman préféré

Chaque année, c’est la même. Celui qui prend Fernando Verdasco sur les premiers tours de Roland Garros se pisse dessus. Dans son palmarès parisien se trouvent Zverev, Cuevas, Gasquet, Almagro, Youzhny, Ferrer et depuis peu, Dimitrov. Et s’il ne vous bat pas, il vous fait galérer jusqu’au fin fond du cinquième set. Alors, posons-nous la question : Fernando Verdasco est-il le joueur le plus casse-couilles à prendre à Roland Garros ?

Imaginez-vous tennisman professionnel. Vous arrivez à Paris, vous faites votre touriste sur les Champs. Et là, c’est le drame : le tirage au sort a été effectué, et vous vous trouvez près de Fernando Verdasco dans le tableau. Premier tour, deuxième tour, troisième tour, peu importe. Dans tous les cas, vous transpirez. Pourquoi ? Fernando Verdasco, c’est le prototype du joueur de terre-battue : endurance, rapidité, explosivité, lift et des bonnes grosses patates en coup droit si nécessaire. Verdasco est donc de par son jeu un spécialiste de la terre-battue : 62% de victoires sur 324 matchs en carrière. Plutôt propre.

C’est un spécialiste, pourtant ses résultats finaux ne sont pas probants. En 16 ans de carrière, il n’a jamais dépassé les huitièmes à Roland Garros, il n’a atteint qu’une seule fois une finale en Masters 1000 sur terre (Monte-Carlo) 2010 et qu’une seule fois une demie (Rome 2010). Tout ceci a une explication très simple : Fernando Verdasco est irrégulier as fuck. Si l’on regarde l’entièreté de sa carrière, on peut totalement parler de joueur le plus irrégulier que l’on ait vu. Le débat est lancé. Toujours est-il, Verdasco peut taper n’importe qui sur cette surface – coucou Rafael Nadal –, et cela le rend d’autant plus dangereux à Roland Garros. L’année dernière, par exemple, Verdasco n’était pas parmi les 32 têtes de séries, ce qui faisait de lui la non-tête de série la plus casse-couilles à jouer de l’histoire. Au premier tour, c’est Alexander Zverev qui a eu l’occasion de s’en rendre compte : l’allemand – alors 10e mondial – s’était fait éteindre sur le court Philippe Chatrier en quatre sets devant un public médusé par la beauté du jeu de l’espagnol. Et comme on l’a mentionné dans l’introduction, Alexander Zverev n’est pas la seule victime de l’espagnol à Roland Garros.

Cette année, Fernando Verdasco fait encore vivre un Roland Garros compliqué à ses adversaires. Demandons à Yoshihito Nishioka qui est sorti du court dès le premier tour en larmes et soutenu physiquement par son staff tant le garçon était bouffé par les crampes après un combat de 4h23. Le contraste était saisissant : à côté, Fernando Verdasco était debout, bien droit et frais comme un gardon. Rappelons-le, l’espagnol a quand même 34 piges. Nishioka en a 22. Au tour suivant, Verdasco a nettement balayé Guido Andreozzi qui, malgré une très bonne préparation sur le circuit Challenger, ne fait pas le poids sur le circuit principal. Au troisième tour, on a une nouvelle fois eu une spéciale-Verdasco. Le combat de quatre heures en cinq sets, c’est fait. Reste plus qu’à sortir un grand nom. Et là se dresse Grigor Dimitrov, pas franchement en forme depuis sa victoire aux Masters de Londres l’année dernière. Une nouvelle fois, on s’attendait à un gros combat de la part de deux athlètes incroyables… Raté. Fernando Verdasco a serré les vis au bon moment pour sortir Dimitrov en trois sets. TROIS SETS ! DIMITROV EN TROIS SETS, MÊME PAS UNE PETITE CHANCE ACCORDÉE, RIEN ! Bon, un moment donné, il faudra aussi parler du niveau de Grigor Dimitrov… Inquiétant. Mais le résultat reste le même, Verdasco a encore une fois fait son Verdasco.

Le voilà donc en huitièmes de finale à Roland Garros pour la septième fois de sa carrière. C’est à ce moment-là que l’espagnol explose. Mais attention, il n’explose pas n’importe comment : il se fait détruire. Ses six huitièmes de finales précédentes se sont soldées – à l’exception d’une face à Almagro – par des défaites violentes en trois petits sets (Nadal, Murray, Djokovic, Nishikori, Davydenko). Cette édition 2018 nous offrira un remake de celle de 2007, où Djokovic avait sorti l’espagnol sur un 6/3 6/3 7/6 des familles. Malgré le poids des onze années passées, ce qui est beau avec ces deux athlètes, c’est qu’on est toujours sûr que le spectacle sera au rendez-vous.

Photo By: ATP

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