Hugo TSR Crew La Sueur

Samedi 6 janvier 2018, La Sueur a eu l’immense plaisir de se rendre au concert du déjà légendaire Hugo TSR et du TSR Crew. La claque.

Joe Dimaggio est un légendaire joueur de baseball, qui impressionnait par sa détermination et sa motivation sur les terrains même après 10 ans passés en tant que joueur professionnel. Lorsqu’un journaliste finit alors par lui demander pourquoi il continue à se démener autant sur un terrain même après tout ce temps, sa réponse est rentrée dans la légende : « Il y a toujours un gamin qui me voit peut-être jouer pour la première ou la dernière fois, je lui dois le meilleur de moi-même. »

Hier à Lyon, dans une salle du transbordeur remplie comme le slip à Rocco, c’est exactement cette impression qu’on a eue. L’impression, devant tant d’intensité et d’énergie, qu’on assistait à la seule et unique date de l’année… Quasiment l’impression que les membres du crew se produisaient pour le dernier concert avant la fin de leur monde (on en profite pour caser un petit easter-egg pour les fans de rap français).

Après une super première partie assurée par DJ May Din et l’équipe de « Juste Cause », dont le style  et les thématiques se rapprochent beaucoup de celles du TSR Crew (mais quelque part les chiens n’adoubent pas des chats), le Crew était plus que chaudement demandé par un public clairement composé de connaisseurs. Entrèrent alors dans l’arène Omry, Vin7, Hugo, et Wass pour les platines.

Pendant près de deux heures l’équipe nous a gâté du genre de performance qui vous rappelle pourquoi vous aimez tant le rap, le vrai. Des textes fouillés et percutants aux beats travaillés en passant par des flows balancés et calibrés au millimètre, l’artillerie artistique n’aura ce soir claqué que des earshots.

Allant piocher les morceaux dans toute leur discographie sans discrimination, on aura eu droit à tout :

  • des oldies avec « à quoi ça rime » ou « point de départ »
  • les favoris du public avec les trois parties de « sans sommation » jouées d’affilée
  • les « tellement écoutées par la salle que les paroles viennent automatiquement » comme « Old Boy » ou « Objectif Lune »
  • les nouveaux venus extraits de l’album fraichement débarqué avec « Iceberg », « Là-Haut » ou encore « Exercice »
  • un petit « a capella » cuisiné avec amour par MONSIEUR Omry
  • et bien sûr beaucoup de Passage Flouté pour le plus grand bonheur d’un public déjà conquis en totale communion.

Malgré la densité textuelle bien connue affichée dans les sons du TSR Crew, la salle aussi aura été exceptionnelle. Comme on dit en boxe anglaise « il en faut deux pour danser le tango » et la soirée n’aurait pas été aussi bouillante si le public n’avait pas suivi le tempo. Familière de chacun des morceaux, la salle aura parfaitement accompagné l’équipe dans chacune de ses échappées lyriques, matraquant avec force et bonheur les punchlines les plus brutales (pour les hardcores, on aura eu les moments d’osmose les plus dingues sur « Davaï davaï KURVA ! », « une incitation à crier : OMRY BOMAYE ! », « quelle est votre profession ? AOUH ! », et « enfile ton pare-balle si t’entends PAH ! PAH ! PAH ! »).

Loin de simplement balancer machinalement les sons les uns après les autres, la communion et la communication entre les artistes et leur public fût grisante, et le plaisir des deux côtés communicatif. Et Hugo, que dire d’Hugo… On nous accusera sûrement de partialité et d’un manque de critique objective (ou dit plus crûment de « suçage de boule en règle ») mais pour en revenir à notre citation d’introduction, on ne s’attendait pas à autant d’intensité dans les interprétations. Presque possédé par les sons auquel il aura donné corps, Hugo nous a offert une toute nouvelle appréciation, véritablement animale et incarnée de ses morceaux. Impressionnant.

Alors vous l’aurez compris, si le TSR Crew passe dans un rayon de 600 kilomètres à côté de chez vous, vous n’avez plus aucune excuse. Parce qu’ici à La Sueur, près de 20 heures après on en sourit encore comme des gosses…

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