Au programme cette semaine : le tournoi de Rome, dernier rendez-vous avant Roland Garros (hallelujah). Masters 1000 chez les hommes et WTA Premier chez les dames, deux tournois capitaux en termes de points, mais aussi sur le plan psychologique : celui et celle qui repartiront avec le trophée sont certains de laisser une marque dans l’esprit de ses concurrent(e)s avant Roland Garros.

ALLO LA FRANCE, ON A UN PROBLÈME

Si Roland Garros est autant attendu, c’est qu’on a l’espoir de voir chaque année des français et françaises traverser le tableau. Cette année, le bilan des français sur terre ne fait pas rêver avant d’entamer la plus prestigieuse des compétitions sur terre-battue. Et le tournoi de Rome ne fait pas exception à la règle : tous les frenchies sont sortis des tableaux dès le second tour. Pire encore, sur 8 représentants du drapeau bleu-blanc-rouge, 5 se sont fait sortir dès le premier tour : Mahut, Simon, Mannarino, Pouille et Mladenovic. Les survivants au second tour étaient donc : Garcia, Cornet et Paire, ceux qu’on a tant critiqué dans les médias ces derniers temps. Ça a dû faire grincer des dents. Enfin bref, si l’on pardonne Mahut pour avoir perdu face à Paire, il est plus difficile de ne pas émettre certaines critiques envers Lucas et Kiki, qui sont tombés face à des adversaires largement à leur portée (Sam Querrey et Julia Goerges). Rendez-vous à Roland pour effacer ces faux pas. Simon et Mannarino sont eux tombés face à plus forts/plus en forme : Carreno Busta et Cuevas.

Sinon, le tournoi de Rome nous a réservé quelques surprises dès son entame. Del Potro a sorti Dimitrov dès le premier tour, ce qui peut paraître anodin tant l’Argentin a pu être au-dessus de Dimitrov par le passé, mais tout de même, le Bulgare était tête de série numéro 10, et donc favori sur le papier. Autre surprise, la victoire de John Isner sur un homme en forme sur terre-battue : Albert Ramos-Vinolas. L’espagnol, finaliste à Monte-Carlo connaît une période difficile, identique à celle de Lucas Pouille. À voir s’il se ressaisit pour Roland !

Au second tour, on a eu le droit à un « choc » qui n’en est plus un : Nishikori face à Ferrer. Bien évidemment, c’est le nippon qui s’est imposé. Triste déclin pour l’Espagnol, tellement fantastique sur terre à son époque. Mais le coup de tonnerre est venu frapper un autre cador : Andy Murray. Ce dernier s’est sèchement incliné au second tour face à Fabio Fognini. Pour autant, le Britannique ne désespère pas et pense pouvoir bien jouer à Roland ! « On te le souhaite en tout cas », dirait Laurent Paganelli.

Il y en a un qui s’est trouvé une passion pour la terre-battue. Et à 32 ans, il était temps. En vous spoilant un peu (beaucoup), John Isner a atteint la demi-finale à Rome. Avant ça, son meilleur résultat en Italie était un… deuxième tour. Ah oui, ça change. Au troisième tour il a donc sorti Stan Wawrinka en deux sets, avant de taper Marin Cilic en trois sets. Il s’est finalement incliné face à Alexander Zverev en demie. Gros résultats. Sinon, pour compléter ce troisième tour, on a vu Kei Nishikori perdre face à Del Potro, de retour en forme. Novak Djokovic a quant à lui poursuivi son chemin en éliminant Bautista Agut. Autre choc : Berdych vs Raonic. À noter la présence de 3 Américains au troisième tour : Isner donc, Querrey et Sock. Surprenant pour une nation et une génération pas forcément à l’aise sur cette surface. Querrey et Sock se sont tous les deux inclinés face à Thiem pour le premier, et Rafa Nadal pour le second.

ALERTE ON A UN UPSET 

Avant de parler de ce magnifique titre (assonance en e, t’as remarqué), résumons le tableau. Partie haute : Zverev vs Raonic et Isner vs Cilic (pas super glamour). En partie basse : Thiem vs Nadal, la re-re-revanche et Del Potro vs Djokovic.

Parlons d’abord de la partie haute. Alexander Zverev, en grande forme, s’est débarrassé de Milos Raonic, toujours un peu en retrait face aux meilleurs sur cette surface. Et dans le choc de gros serveurs et cogneurs, c’est John Isner qui s’est imposé (7/6 2/6 7/6).

Mais là où il y a des choses à dire, c’est sur la partie basse. Tout d’abord, parlons un peu de Novak Djokovic. En méforme depuis le début de la saison sur terre-battue, on pouvait se poser moult questions sur le serbe. Mais jusqu’ici, son parcours est exemplaire : victoire sur Bedene et Bautista Agut sans prendre un set. Certes, l’opposition n’est pas ouf, mais ça reste propre. En quarts de finale, il fallait passer la montagne Del Potro, qu’il a déjà battu 3 fois en 2017. Résultat : une leçon de tennis livrée par Djoko, 6/1 6/4. L’Argentin n’a rien pu faire. Et enfin, ALERTE UPSET sur le dernier match. Résumons un peu la saison de Nadal et Thiem. Nadal est injouable. Voilà pour l’espagnol. Et Thiem est ultra-séduisant : des finales à Madrid et Barcelone, et un jeu puissant qui fait fondre ses adversaires. La confrontation Nadal/Thiem devient donc un classique sur la saison 2017 avec déjà deux confrontations sur terre-battue, et Rafa a toujours gagné. Petit bémol pour le Majorquin, avant le tournoi, il se déclarait un peu fatigué, mais de quoi changer la donne ? Peut être pas. Pourtant, la donne a changé : Thiem a joué une partie énorme. Pour résumer un peu le match, le premier set a été un récital de coups droits gagnants pour Thiem, alors que le deuxième set penchait plus vers la démonstration côté revers. Un match complet où Thiem a constamment débordé Nadal, et ça c’est rare. Qui peut se targuer en 2017 d’avoir fait craquer le coup droit de Rafa ? Pas grand monde, mais Thiem peut. Une victoire en deux sets 6/4 6/4 qui fait du bien à Thiem, mais aussi à toute la concurrence de Rafa, qui voit que l’espagnol n’est pas invincible.

LES DEMI-FINALES 

Zverev/Isner et Djokovic/Thiem, deux demi-finales surprenantes pour une saison sur terre-battue passionnante. Sans trop ménager le suspens (puisqu’il n’y en a pas), c’est Alexander Zverev qui a poursuivi sa série de victoires sur l’américain. Ça fait désormais 3-0 pour le jeune allemand. Il s’est imposé en 3 sets dans un match disputé jusqu’au 3ème set, où Isner a un peu craqué. Mais ça ne l’a pas empêché de balancer de sales hot shots.

La deuxième demie opposait Dominic Thiem on fire, et Novak Djokovic qui retrouve le mojo. La relève qui monte face au cador qui faiblit un peu. La forme du moment donnerait Thiem gagnant, mais sait-on jamais, Djoko peut retrouver un niveau de jeu superbe. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé puisque Novak Djokovic a corrigé Dominic Thiem 6/1 6/0. Non non, il n’y a pas d’erreur : 6/1 6/0. Une véritable de leçon, comme pour Del Potro, mais en un peu plus violent. Surtout que, rappelons-le pour ceux qui n’ont pas lu le paragraphe au-dessus, Thiem venait de corriger Rafa, jusqu’ici maître de la terre cette saison. Le serbe s’est donc réveillé, et même Boris Becker, son ancien entraîneur avec qui les relations sont tendues, le constate : « Première fois depuis longtemps que je vois de nouveau le feu sur le visage de Novak ». Ah bah oui, fallait bien qu’il se réveille un jour le garçon. Voyant Roland arriver à grands pas, Nole s’est mis en « beast mode » pour faire taire toutes les critiques et faire envoler tous les doutes…. Bon c’est peut être un peu tôt concernant les doutes, mais quel match, et que de belles promesses pour Roland Garros. Qui rêve d’un affrontement en 3 sets gagnants entre Rafael Nadal en mode domination totale et un Djokovic en mode 2015 ? Tout fan de tennis bien sûr. ET PLUS ENCORE : TOUT FAN DE SPORT.

LA FINALE 

 

Alexander Zverev est pour la première fois en finale de Masters1000. S’il gagne, il intégrera le Top 10. Sinon, la 14ème place l’attend. Djokovic, les finales de Masters1000, il connaît. On peut se poser beaucoup de questions sur cette finale : Zverev cèdera t-il face à la pression ? Djokovic saura-t-il élever son niveau de jeu, comme il l’a fait face à Thiem ? Deux questions importantes, car ce sont les clés du match. C’est aussi un match excitant, car Zverev/Djokovic est une affiche inédite. Et donc le premier point des confrontations entre ces deux hommes revient à Alexander Zverev qui a su contrôler la pression et le jeu de Djokovic en le battant en deux sets. Gagner un Masters 1000 à 20 ans, c’est fort. Et entrer dans le Top 10, ça l’est encore plus. Dans la génération actuelle, Djokovic et Murray ont fait mieux en entrant dans le Top 10 à 19 ans. Nadal est en tête, avec une entrée à 18 ans. Roger Federer est lui entré dans le Top 10 à 20 ans comme Zverev, vous comprenez donc que c’est très très prometteur.

ET CHEZ LES DAMES ?

Malgré la décadence des françaises dans le tableau, il y a des choses à dire chez les dames. La gagnante de l’année dernière Serena Williams étant absente, un trophée est à prendre. Parmi les favorites : Muguruza, Kerber, Halep, Svitolina, Kuznetsova, Mladenovic, Pliskova, Sevastova (pourquoi pas), et bien d’autres. Sharapova, elle, a abandonné au second tour. Angelique Kerber confirme sa méforme : une défaite dès le second tour face à Kontaveit, issue des qualifications.  Madison Keys, finaliste l’année dernière, a elle aussi déçue : une défaite dès le premier tour. Même sort pour Vesnina. Mis à part ces quelques exemples et Mladenovic, la logique des têtes de série a été respectée. La surprise de ce tableau est pour Kiki Bertens, qui est arrivée en demie en éliminant Makarova (tombeuse de Cibulkova) et Gavrilova (tombeuse de Keys) avant de s’incliner face à Simona Halep en demie. La deuxième demie nous offrait une superbe opposition sur le papier entre Svitolina et Muguruza. Malheureusement, l’Espagnole a dû abandonner dans le premier set, à raison d’une douleur persistante au cou.

La finale a donc opposé Svitolina et Halep. Après un début de saison délicat, Halep retrouve ses sensations sur terre battue : une demie à Stuttgart, une victoire à Madrid et donc, une finale à Rome. Svitolina, a 22 ans, est en train de bouleverser le classement. Victoire à Taipei, à Dubaï, à Istanbul et finale à Rome. Si elle bat Halep, c’est elle qui prendra les rênes de la Race, devant Pliskova, Wozniacki, Konta et Mladenovic. Et malgré un début de match compliqué, c’est bien l’ukrainienne qui est venue à bout de Halep en trois sets.

À VENIR
À VENIR C’EST ROLAND PARDI. Bon, ok, cette semaine c’est les qualifs…. MAIS C’EST ROLAND QUAND MÊME. Dans le même temps, il y a aussi le tournoi de Lyon, avec de belles têtes d’affiche. Chez les femmes il y a aussi le tournoi de Strasbourg avec le retour de Wozniacki. Donc vous l’aurez compris, cette semaine c’est Made in France. Et vous pouvez compter sur nous pour vous en parler ! Mais surtout, n’oubliez pas : DEMAIN C’EST DÉJÀ ROLAND. Par Pierre.

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