Jake Gyllenhaal : taillé pour durer & Critique de Démolition

Portrait de Jake Gyllenhaal, le jeune prodige devenu star et critique du dernier film de Jean-Marc Vallée.

Né en 1980, Jake est tout de suite dans le bain. En effet, il fait partie de la Gyllenhaal family. Son père est Stephen Gyllenhaal, réalisateur et sa mère Naomi Foner est scénariste. Tout comme sa sœur, Maggie Gyllenhaal, Jake se tournera très tôt vers l’acting. À 11 ans seulement, il joue ainsi dans son premier film City Slicker.

Le film qui le révélera aux yeux du monde sera October Sky en 1999. Alors âgé de 19 ans, sa performance lui permettra de recevoir une nomination à Independent Spirit Award. La machine était lancée, elle ne s’arretera plus.

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En 2001, il a le rôle-titre dans le désormais culte Donnie Darko. Il excelle dans la peau d’un adolescent psychologiquement perturbé, aux côtés de sa sœur Maggie qui joue le rôle… de sa soeur. En 2004, Le Jour d’Après, film catastrophe de Roland Emmerich, lui permet d’être connu du grand public dans la peau du fils du professeur Jack Hall, interprété par Dennis Quaid.

Puis vient 2005, l’année qui changera absolument tout. Une année pour deux films : Jarhead et Brokeback Mountain. Réalisé par Sam Mendes, Jarhead est l’adaptation des mémoires de l’ U.S. Marine Anthony Swofford sur son expérience de soldat lors de la guerre du Golfe… On y découvre ainsi la difficile vie des Marines dans le désert saoudien face à l’ennemi fantôme. Un film fort où Gyllenhaal crève l’écran aux côtés de Jamie Foxx et Peter Sarsgaard. Il y a également le mythique, le légendaire et l’inoubliable BrokeBack Mountain d’Ang Lee. Film devenu culte et dans toutes les mémoires pour le traitement complexe de la relation émotionnelle et sexuelle de deux cowboys du Wyoming entre 1963 et 1983. Dans cette Amérique profonde et puritaine, cette relation secrète entre les deux protagonistes est ainsi majestueusement mise en image par Jake Gyllenhaal et Heath Ledger. À chaque plan, on sent ainsi le gène, la honte, mais également l’irrépressible envie des personnages de venir l’un vers l’autre. Cette relation passionnelle est vécue dans les montagnes, loin des regards, car les deux cowboys sont mariés dans la vie de tous les jours… Récompensé par Trois Oscars (Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario Adapté, Meilleure Musique), ce film est à voir absolument. L’une des plus belles histoires d’amour du cinéma moderne.

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Après cette année dantesque, tout s’accélérera pour Jake, Zodiac (2007), Brothers (2009), Love & Other Drugs (2010), il est partout et dans ce qui se fait de mieux.

 

Un accro, et pas petit, retient tout de même notre attention : Prince of Persia. Célèbre jeux vidéo, l’adaptation cinématographique est orchestrée par Disney et son ex-producteur fétiche Jerry Bruckheimer. Budget de 200 millions de dollars, Gemma Arterton, Ben Kingsley et Alfred Molina pour épauler Jake, bref tout est là pour que le film soit « le nouveau Pirates des Carraîbes ». Résultat : une 3ème place au Box-Office américain et des critiques négatives. Il n’y aura pas de second épisode. Pourquoi parle-t-on donc de ce mauvais blockbuster me direz-vous ? Pour Jake !!! Pour ce film, il se transformera en véritable machine de guerre, délaissant sa silhouette d’acteur de films indé américain pour adopter un scaphandre de muscle. À la manière d’un Chris Pratt pour les Gardiens de la Galaxie, c’est une nouvelle carrière qui commence pour lui.

Jake avait gagné ses galons d’acteurs de films d’action. On le retrouvera ainsi dans les très bons Source Code (2011), End Of Watch (2012), Prisoners (2013), Nightcrawler (2014) et enfin Southpaw en 2015. Pour ce film, il s’imposera une nouvelle un entrainement herculéen afin d’être le plus crédible possible en boxeur ! Vous pouvez d’ailleurs retrouver notre critique de ce très bon film ici.

2015, SOUTHPAW

 

Démolition ou comment se reconstruire….encore

 

Pour son nouveau film, le réalisateur québécois Jean-Marc Vallée se penche une nouvelle fois (comme ce fut le cas pour Wild) sur un sujet vu et revu au cinéma : le deuil et la reconstruction. Écrit par Bryan Sipe (qui s’inspire ici de son parcours artistique chaotique), Démolition suit ici le parcours d’un jeune loup de la finance qui voit sa vie basculée après le décès accidentel de sa femme. Sa thérapie se fera à coup de lettres envoyées à une entreprise de distributeurs et dans la destruction de tout bien matériel en sa possession. Son objectif est de faire table rase du passé pour mieux revivre. S’en suivra une rencontre avec Karen (Naomi Watts) et son fils Chris (Judah Lewis), révélation de ce film.

 

Mélangeant à la fois l’humour et le drame, Démolition ne parvient pas à convaincre totalement, la faute à un sujet trop vu ces derniers temps et à sa construction trop atypique et mégalomane. Le scénario manque par ailleurs de finesse, l’idée de démolir pour se reconstruire ressemble au final à du travail de gros œuvre bourré de stéréotypes. La force de ce film, ce sont les acteurs, tous impeccables. On ne peut que saluer une nouvelle fois la prestation remarquable de Jake Gyllenhaal, juste et qui n’en fait pas des tonnes (contrairement au scénario). L’acteur de Southpaw et Prisoners est arrivé à un stade où il peut jouer n’importe quel rôle, il sera toujours aussi bon. On est aussi subjugué par la révélation de ce film le jeune Judah Lewis qui incarne ici le fils destroy de Naomi Watts qui est une véritable boule d’énergie et très inventif dans son jeu. On se demande encore pourquoi il n’a pas été retenu pour interpréter Spiderman.

En somme, on va voir Démolition principalement pour ses acteurs, remarquables. Si le film n’est pas mauvais en soi, il manque cruellement de surprises et son scénario est d’une lourdeur martelée de stéréotypes.

Démolition (CAN – USA, 1h41)

Un film de Jean-Marc Vallée

Avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper et Judah Lewis.

En salles le 06 avril

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