Persistence Hunting

Le persistence hunting, appelé par chez nous « chasse à l’épuisement » est une technique qui fût, on pense, l’une des premières utilisées par l’homme. Elle l’est d’ailleurs encore aujourd’hui dans certaines régions du monde.

Le principe du persistence hunting est bête à manger du foin : courir sans relâche après sa proie pour l’achever dès qu’elle sera épuisée et incapable de continuer. Le fait que l’humain soit peu poilu permet une meilleure régulation de la transpiration et donc de la chaleur du corps, ce qui fait de lui le candidat idéal pour la course de fond.

Cette endurance couplée à une science de la traque, vous obtenez ce système de chasse à absolument stupéfiant, utilisé par Aragorn pour retrouver les deux petits merdeux dans « les Deux Tours » :

Le prédateur, étudiant les signes de passage au sol ou dans la flore, retrouve la trace de sa proie et se lance à sa poursuite en courant. Une fois arrivé à sa proximité, cette dernière va évidemment prendre la fuite en détalant à toutes jambes, pour reprendre son souffle quelques centaines de mètres plus loin, si possible dans un endroit à l’ombre. Mais des endroits à l’ombre, il n’y en a pas forcément partout (déjà et d’une), et surtout le temps de repos est extrêmement court, car le chasseur, progressant lui-même à une allure soutenue, aura comblé son retard en quelques minutes. Ces cycles de « fuite-rattrapage » vont donc se succéder et l’animal, qui travaille en fractionné, va peu à peu sombrer dans le rouge incapable de refroidir la machine. Après un temps, elle n’en peut plus et s’écroule, à bout de forces. Le chasseur, méthodique, arrive quelques minutes plus tard. Il se présente, s’arrête et exécute prudemment l’animal. Fin de Bambi.

Les humains ne sont pas les seuls à utiliser ce genre de finasseries puisque les Loups Gris, les Lycaons (chiens sauvages africains) et les Hyènes s’y adonnent aussi régulièrement.

Enfin ça c’est la version « velours » du procédé, parce que cocorico la France a au moyen-âge proposé une variante un peu plus hardcore : le « parforce hunting » (du français par force). Même principe, on cherche à épuiser la proie sauf qu’ici on rajoute une vingtaine de clébards qui terrorisent le gibier pour accroître le stress et appauvrir encore la récupération, et les hommes sont sur des chevaux pour fournir le moins d’effort possible et diminuer la prise de risques. Une fois la proie acculée, épuisée et un peu entamée par la meute de chiens, on la défonce à la dague. Fin de Dédé le sanglier.

Mais revenons-en à l’art de la chasse à l’épuisement et laissons ces bourrins avaleurs de camembert. En Afrique du Sud, dans le désert de Kalahari, les hommes chassent l’antilope de cette manière jusqu’à ce qu’elle s’écroule. Pour ce faire, ils courront pendant deux à huit heures, sur une distance de 25 à 35 kilomètres. Les températures en pleine journée (l’heure à laquelle cette chasse est évidemment la plus efficace) oscillent autour de 40°C.

Pensez-y lors de la prochaine canicule, quand vous inonderez votre chemise en allant chasser les chouquettes à la boulangerie.

D’après Wikipédia, en novembre 2013 quatre chasseurs Nord-Kenyans ont même réussi à chasser un guépard, pourtant l’animal terrestre le plus rapide du monde, qui décimait leurs chèvres.


Rendez-vous à 30 :00 pour la traque (si vous ne parlez que franco-français, les images valent le détour et parlent d’elles –mêmes. Elles sont époustouflantes, hallucinantes)

Et vous, vous l’attrapez comment votre steak ?

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