Trae Young celebration

On s’intéresse aujourd’hui à l’une des équipes les moins cotées de la Ligue. On parle des Hawks d’Atlanta. Une des plus faibles fanbase de la NBA, et pourtant, il y a encore 3 ans, le jeu d’Atlanta était l’un des plus beaux de la Ligue.

Comment une équipe en finale de Conférence avec 60 victoires en 2015 est passée à un tank en 24-58 l’année dernière ? La Sueur vous dit tout ! Cette fois, c’est le compte Hawks France (@ATLHawksFR) qui nous donne un peu de compagnie, et on le remercie grandement !

RAISON NUMÉRO 1 : L’EFFECTIF DEPUIS 2015

En 2015, Atlanta avait la hype au maximum, direction les ECF (Eastern Conference Finals), matchup Cleveland versus Atlanta. Bon, au final, 4-0 pour Cleveland (on y reviendra après), mais pour l’instant on va s’intéresser au 5 majeur des Hawks à ce moment-là. On avait :

Meneur : Jeff Teague
Arrière : Kyle Korver
Ailier : DeMarre Carroll
Ailier fort : Paul Millsap
Pivot : Al Horford
Coach : Mike Budenholzer

Plutôt beau n’est-ce pas ? Bah sur les 5, aucun n’est en Géorgie à l’heure actuelle. Teague est dans le Minnesota, Kyle Korver plante ses tirs sur les rives de Salt Lake City, DeMarre Carroll gambade à Brooklyn, Paul Millsap fait le bonheur de Denver, et Al Horford se la coule douce dans le starting 5 de Boston.

Ah et pour Coach Bud ne vous inquiétez pas, il a embarqué tout son talent à Milwaukee, pour le plus grand bonheur des Bucks.

À partir du sweep face à Cleveland, l’effectif n’a jamais cessé de bouger. Des noms passent par-ci par-là, Dwight Howard, Dennis Schröder, Thabo Sefolosha, Tim Hardaway Jr., Ersan Ilyasova… là où les Pacers (c’est grillé que j’en parle souvent ?) ont opté pour un soft reset, sans passer par la Draft, Atlanta a opéré un hard reset, à grands coups de tanking, où ils ont récupéré Trae Young avec leur choix de Draft. Un Trae Young très souvent critiqué le soir du trade, notamment parce que AU HASARD, les Hawks ont drafté un certain Luka Dončić, qui a filé au Texas, en échange du meneur des Sooners et d’un pick (protégé top 5) des poneys de nos amis de Dallas. Mais ça aussi on y reviendra après.

Attention, c’est qu’une interprétation personnelle. Mais c’est un fait, Atlanta n’a pas souvent connu des jours tranquilles avec son effectif, et surtout à partir des Playoffs où la fin du cycle débutait. Et vous le savez, on aime bien la stabilité de notre côté. 

RAISON NUMÉRO 2 : LES FINALES DE CONF 2015                  

On vous avait dit qu’on allait en parler. Enfin « on », surtout le compte que vous irez follow à la fin de cette lecture. 

« Le début de la chute ça a été l’incapacité à aller plus loin en Playoffs. Les finales de Conf’ ont été une belle marque pour la franchise, mais se faire sweeper par les Cavaliers a clairement été un facteur déterminant. »

On remet dans le contexte. Saison 2014-2015. Les Hawks viennent de sortir d’une saison exceptionnelle à 60 victoires pour 22 défaites. 4 faucons sont allés au All-Star Game, en plus de Coach Bud (le All-Star Game sur 2K15 ça arrivait qu’on joue Atlanta vs Ouest). Les deux premiers tours de playoffs se passent, et au moment d’aborder le vif du sujet face à Cleveland, patatras. 4-0. Coup de balai. Éliminés aux portes des Finales, retour au Peach State.

Alors oui, on peut se remettre de ça, la saison d’Atlanta était déjà exceptionnelle en soi. Oui… mais non. On a tendance à se foutre de la gueule de Toronto, comme quoi ils ne savent jamais aller plus loin que ça, qu’ils chokent tout le temps, LeBronto… eh bien Atlanta a connu ça en 2015. Un sweep. Puis un autre en 2016. Au deuxième tour cette fois. Ça ne vous rappelle pas des Dinos ? Moi si.

Faut bien comprendre que l’objectif avoué d’Atlanta, c’était d’aller jusqu’au bout, parce que les Hawks avaient les moyens de le faire. Mike Budenholzer COY, Jeff Teague à la mène, Paul Millsap meilleur poste 4 de l’Est (et joueur sous-côté au possible), Al Horford intraitable… tous les voyants étaient au vert. Et à supposer qu’Atlanta n’aille pas en Finales, fallait un minimum accrocher un ou deux matchs, mais pas se faire sweeper, encore moins se faire dégager par un -30 au match 4 ! À ce moment-là, le coup de massue n’était que plus grand pour des Hawks qui ne goûtaient que pour la première fois au haut niveau.

Est-ce que LeBron est resté en 2009 et en 2018 ? Non. Est-ce que Toronto a continué de faire confiance à DeMar DeRozan et Dwane Casey après le deuxième sweep ? Non plus. Quand on se fait sortir comme ça, quelque chose se casse dans l’atmosphère. Suffit de regarder les années suivantes : les Playoffs 2016 se sont terminés au deuxième tour, en pire encore, 2017 s’est terminé en 6 matchs face au Wizards (premier tour).

Ajoutez à ça les départs de Al Horford pour Boston (remplacé par… Dwight Howard), de Jeff Teague pour Indiana (en échange d’un pick qui deviendra Taurean Prince) à l’issue de la saison 2015-16, de Kyle Korver et Paul Millsap l’année d’après, vous vous retrouvez vite avec le gamin qui habite à côté de la Phillips Arena dans le 5 (il sait faire des layups). Pour reprendre les termes de notre ami des Hawks, « tout ça a fait que l’alchimie dans l’équipe n’y était plus et qu’on était redevenue une équipe de milieu de Playoffs ».

La volonté de tout reprendre à zéro, bien que brutale, est somme toute logique. C’est bien d’aller jusque là, mais ça sert à quoi ?

Et comme d’habitude, les circonstances sont toujours simples à expliquer. Pour Cleveland c’était le départ de LeBron (sans compter celui de Kyrie l’année d’avant), le changement de coach, et les blessures.

Pour Atlanta, c’est l’incapacité d’aller jusqu’au bout, qui entraîne une instabilité dans l’effectif. En 2 raisons on explique une chute aussi brutale qu’attendue. 

Bon, on a demandé à notre pote de faire des heures supp’ pour nous, histoire de lui demander comment il voit l’avenir.

La Sueur : De ton point de vue de fan, comment tu vis cette saison, et même depuis l’année dernière en général ?
Hawks France : Je pense clairement, avec le recul, que c’était le bon choix a faire pour la franchise. Certes en tant que fan c’est une décision difficile à accepter, car on souhaite toujours voir « son » équipe être compétitive, mais cela amène de nouveaux défis aussi qui sont très intéressants. 

C’était la bonne solution, certes difficile en tant que fan et long surtout, mais on a quand même des points d’intérêts notamment avec le développement de Collins / Young / Prince / Huerter. Et les Hawks ont prouvé qu’ils ne lâchaient que très rarement les matchs, cela permet d’avoir régulièrement de bonnes surprises.  

Comme souvent avec les équipes qui tankent, il faut regarder le futur, et non le présent. Et l’avenir des Hawks semble bien parti. Mieux que Cleveland même. Trae Young (ça arrive) assure, John Collins fait le travail, et la jeunesse semble motivée. Faudra pas bégayer quand on aura un Hawks-Cavs en finale de Conf 2026. On va y revenir sur l’esprit qu’insuffle cette équipe d’Atlanta. 

La Sueur : Beaucoup de gens ont critiqué Atlanta pour avoir donné les clés de la franchise à Trae Young. Tu fais partie de ses défenseurs, que réponds-tu à ses détracteurs ?
Hawks France : En tant que compte fan des Hawks c’est aussi mon rôle que de « défendre » les joueurs de l’équipe. Au tout début moi aussi j’étais dégoûté qu’on ait échangé Dončić. Mais j’ai regardé les matchs de Young et j’ai vu qu’il y avait beaucoup plus que ce qu’on voyait de ses highlights chez les Sooners. Il a une vision de jeu exceptionnelle et c’est clairement quelque chose qui ne s’apprend pas. Je pense que les gens sont très durs avec lui parce que Dončić performe immédiatement de son côté. Mais le projet d’Atlanta est un projet à long terme, il faut donc attendre plusieurs années avant de pouvoir réellement juger le trade, surtout que ce trade n’est pas seulement Dončić vs Young. Il y a le pick des Mavs qui est protégé top 5. Il faut voir en qui il se transforme et comment ce joueur évolue dans la durée. Dončić est exceptionnel, mais Young a un réel talent et je comprends pourquoi les Hawks lui ont laissé les clés de la franchise, il possède des qualités rares à la passe et dans sa lecture du jeu.

On va se mettre d’accord. Qui ici pensait au début que le trade entre Young et Dončić était une bonne chose pour Atlanta ? Levez la main. 3 personnes ? Bien joué les enfants. Au soir de la Draft, personne, excepté les 3 au premier rang et le FO d’Atlanta ne pensaient que Trae Young allait être un bon fit pour les Hawks.

Et pourtant, sa saison est tout à fait honorable pour un rookie. Elle est même très bonne. Manque de chance, un OVNI est loin devant pour le titre de ROY, mais Trae Young assure. 19 points, 3.7 rebonds et 8.1 passes de moyenne, c’est une excellente ligne de stats pour un rookie. Et si son pourcentage est loin d’être exceptionnel derrière l’arc, ça s’améliore de plus en plus. Parce que Trae n’a pas que le shoot en qualité. Il a également une bonne vision de jeu. Très bonne même.

À ses détracteurs, regardez des matchs de Trae Young. Croyez-moi, il peut très vite vous énerver. Battre Atlanta est certes souvent obligatoire, mais quand Trae est en feu (et ça arrive de plus en plus), c’est pas du repos. Pour reprendre les propos de Chris Denari (commentateur sur Fox Sports), « Trae est une menace permanente. Il peut tirer de n’importe où, ou faire une passe venue de nulle part ». Si vous avez 3 heures à tuer, allez regarder Hawks-Bulls. 4 OT, 168-161. Et 49 puntos de Trae. Plus 8 rebonds. Et SEIZE passes décisives. Le premier rookie de l’histoire à compiler 45 points et 15 passes en un match. Oui, l’OT a aidé, mais au bout des 48 minutes le gamin avait déjà noirci sa ligne de 34 points, 5 rebonds et 11 passes. Quand même. En parlant d’assists, c’est le 5e meilleur passeur de la Ligue. Oui, le cinquième. Presque 8 passes de moyenne. Quand même.

On dit pas que c’est le ROY, mais n’oubliez pas les perfs de Trae, il a lui aussi son mot à dire. Quand même.

Ah au fait. Si Dallas se retrouve avec un pick 6-30, il finit à Atlanta. Et ça peut finir sur un joueur de type Romeo Langford (SG, Indiana University). Quand même.

La Sueur : Comment vois-tu l’avenir des Hawks, et est-ce que tu as confiance en Atlanta pour avancer ?
Hawks France : L’avenir s’annonce plutôt bien. {John} Collins est en train de se révéler au grand public (un steal quand on sait qu’il n’est que le pick 19 de la Draft 2017), Young va finir par trouver son rythme et ses habitudes, j’ai confiance dans ce que je vois en lui. Il y a d’autres jeunes qui sont intéressants en {Kevin} Huerter / {Taurean} Prince. À cela on va pouvoir rajouter 2 jeunes issus des Lottery Picks cette année si tout se passe bien. Le véritable point de questionnement à mes yeux concerne le coaching. {Lloyd} Pierce était un assistant au développement des joueurs a Philadelphie, est-ce que ce sera suffisant pour créer une culture à Atlanta et amener les joueurs au niveau suffisant pour viser quelque chose d’ici quelques années, je ne sais pas.

On va jouer à un petit jeu. Si on regardait les rookies de la classe 2017 qui ont fait leur place ? Et si on regardait leur rang ?

  • Lonzo Ball : pick #2 (Los Angeles Lakers)
  • Jayson Tatum : pick #3 (Boston Celtics)
  • De’Aaron Fox : pick #5 (Sacramento Kings)
  • Lauri Markkanen : pick #7 (Chicago Bulls via Minnesota Timberwolves)
  • Donovan Mitchell : pick #13 (Utah Jazz via Denver Nuggets)
  • John Collins : pick #19 (Atlanta Hawks)
  • Kyle Kuzma : pick #27 (Los Angeles Lakers via Brooklyn)

Tiens tiens, John Collins. Drafté par nos amis des Hawks.

Ça donne quoi ses stats ? 19,5 points, 9,5 rebonds et 2 passes de moyenne, à 56,9% au tir dont 37,9 depuis le parking. Pas mal non ? Et c’est pas un lottery pick. Dites-vous que juste avant les Pacers ont eu la brillante idée de prendre T.J Leaf, de UCLA. Même poste, mais pas les mêmes stats. Loin de là. On appelle ça un steal dans le milieu.

John Collins est véritablement une pépite pour les Hawks. Il a pu bénéficier d’un temps de jeu conséquent (25 minutes par match) l’année dernière, conséquence d’un tanking avoué. Quoi de mieux pour un rookie en besoin de développement ? Ça lui a permis de débarquer dans sa saison de sophomore en confiance, sachant qu’Atlanta avait confiance en lui.

30 minutes par match, titulaire indiscutable, quasi double-double de moyenne, assez bon défenseur (on est sympas pour le coup), très solide attaquant, 2 millions par an, bonne pioche pour Atlanta.

Concernant Trae Young, cf. le paragraphe juste avant. Regardez ses matchs, vous comprendrez pourquoi le petit est très solide.

Les cas Kevin Huerter et Taurean Prince sont également très intéressants. Et c’est en ça que le futur des Hawks est (de mon avis) plus brillant que Cleveland (dixit Franck Ribéry, à qui on fait un gros câlin). L’avenir de l’Ohio s’appelle Collin Sexton, Cedi Osman et pourquoi pas Larry Nance. Junior.

Celui des oiseaux est incarné par Trae Young, John Collins, et Kevin Huerter et Taurean Prince. Le Ron Weasley de la Géorgie montre de plus en plus de belles choses. Un autre pick 19. 2018 cette fois.

Le sniper sait que son tir est son point fort, et c’est en cela qu’il est complémentaire de Young. Trae a une vision de jeu de malade, et il sait qu’il pourra jouer sur John Collins dans la raquette, filer la gonfle à Huerter pour sanctionner, et éventuellement mitrailler depuis le logo. Oh si, balancer de loin, il sait faire le gosse.

Nan, on a pas oublié Taurean. Lui qui montrait son potentiel depuis sa Draft continue son développement, doucement, mais sûrement. Très sûrement. Avant sa blessure, il était le troisième meilleur marqueur des Hawks, et était titulaire. Il reste une vraie menace extérieure, et même physiquement faut pas l’emmerder. Faut dire que Mike Budenholzer comme coach pour te former ça peut t’aider.

En parlant de coach, le nouveau s’appelle Lloyd Pierce. Et avant se foutre de la gueule du management des Hawks, je vous invite à la prudence. Oui, il est inexpérimenté en tant que head coach. Mais il était responsable du développement à Philadelphie, you know, l’équipe qui a choisi Ben Simmons, Joel Embiid… la jeunesse, il connaît. Quoi de mieux qu’un type calé sur les jeunes… pour former des jeunes ? D’autant plus qu’au moins un autre jeune issu de la Draft arrive cette année, plus peut-être celui issu du choix des Mavs ?

Les résultats depuis l’année dernière montrent que les dirigeants ont réfléchi sur leurs choix. C’est pas réalisé à l’arrache. Atlanta mise sur la jeunesse et l’inexpérience. C’est à la fois le point commun des joueurs et du coach. Ils vont grandir ensemble, perdre ensemble, gagner ensemble, et ne vous étonnez pas de voir un collectif soudé et très fort d’ici quelques années.

Les Hawks ne gagnent pas souvent, mais il font chier leur monde. Là où les Knicks et les Suns pratiquent un jeu dégueulasse, à coups de -40, où ça tente de foutre Fizdale en meneur titulaire, Atlanta se bat. Et c’est tout à leur honneur. Ça cherche pas le first pick, ça tente de grandir. Et rien que pour ça, ils méritent un bon choix de Draft. Pareil pour Chicago, ils se battent, et ne tankent pas. L’énorme match à 4OT le prouve. Se battre coûte que coûte, et montrer sa valeur. Ils sont déterminés, ce qui est sain pour la Ligue. En même temps quand c’est Vince Carter qui t’apprend la vie, ça doit être sympa les entraînements à la State Farm Arena. Le mec a beaucoup à enseigner aux petits faucons. Et tant mieux pour eux de profiter d’une légende comme le grand Vince.

La Sueur : Quelles seraient tes premières décisions si tu devais être le GM des Hawks dans les 30 secondes à venir ?
Hawks France : Je vire {Miles} Plumlee. J’en peux plus de lui. Il coûte une fortune pour un apport quasi nul, et de ce que j’observe il ne fait pas vraiment partie de la vie du groupe. Ensuite j’essayerais de faire plus jouer {Omari} Spellman. Je sens que ce jeune a un bon potentiel et un très bon état d’esprit sur le terrain. J’aimerais le voir plus pour vraiment voir ce qu’il peut donner. 

Je vous avais dit quoi sur le groupe ? Qu’ils vont grandir ensemble non ?

On va éviter de parler des 12 millions de Miles, vu son apport. Le couper est une bonne idée, très bonne même. Et en effet, Omari Spellman est un jeune avec du potentiel, de meilleures stats que Miles, est mieux intégré, est plus motivé, et coûte 12 fois moins cher. De quoi être un bon back-up. Encore un gamin de la Draft 2018. Roulez jeunesse, c’est le mot d’ordre à Atlanta. L’âge moyen de leur poster est de 25 ans. 24 sans l’ami Vince. LA JEUNESSE THEY SAID.

Pourquoi Atlanta est dans le bas de l’Est ? La fin d’un cycle. Pourquoi Atlanta va revenir ? Le début d’un autre. Un parcours normal en NBA. Oubliez Jeff Teague, Paul Millsap et consorts, retenez désormais Trae Young, John Collins et compagnie. Welcome to Atlanta. True to Atlanta.

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