Blade Runner 2049 – la nouvelle démonstration de Denis Villeneuve

Produit par Ridley Scott, la suite tant attendue de Blade Runner avec Denis Villeneuve à la réalisation tient toutes ses promesses.

Projet de longue date, Blade Runner 2049 jouait gros. Ainsi, Ridley Scott et Sony remettaient les mains dans le cambouis pour le sequel d’un chef-d’œuvre de science-fiction. En effet, le premier Blade Runner est un INDISPENSABLE pour tout cinéphile qui se respecte. Her, Terminator, Wall-E, Deus Ex, Matrix, tous tirent leur inspiration de Blade Runner ! La nouvelle du génial Philip K. Dick (Do Androids Dream Of Electric Sheep ?) avait ici trouvé sa parfaite adaptation, à la chute magnifique. Plus de 30 ans plus tard, fallait-il tout risquer pour un succès au box-office ? Fallait-il offrir une suite à un film qui se suffisait à lui-même ?  Au regard du résultat, oui.

Pour son premier blockbuster, Denis Villeneuve montre toute sa maestria. La version vue et celle qui sera dans tous les cinémas étant la « Director’s Cut », on se rend compte de l’influence du bonhomme. Des images aux idées, Blade Runner 2049 est magnifique. Visuellement, les promesses des trailers sont tenues. Le travail accompli par Dennis Gasner (décor) et Roger Deakins (Directeur de la Photographie) fera assurément date.  Grâce au budget du film (185 millions de dollars) et aux technologies actuelles, cette impressionnante Cité des Anges futuristes se dessine avec minutie sous notre regard scotché. À noter qu’il est indispensable d’avoir vu Blade Runner pour pleinement apprécier BR2049. S’il y a bien évidemment des clins d’œil, l’arc narratif tout entier dépend des événements du premier ! En cela, le retour de Hampton Fancher, scénariste du premier est loin d’être anodin.

Le pitch : 30 ans après les événements du premier film, un blade runner (qui chasse les anciens répliquant), l’officier K du LAPD (Ryan Gosling) découvre un secret enterré depuis des lustres qui pourrait plonger ce qui reste de la société dans le chaos. La découverte de K l’entraîne à la recherche de Rick Deckard (Harrison Ford), un ancien blade runner disparu depuis trente ans. Le groupe Tyrell, qui fabriquait les répliquant a fait faillite. Il a été sauvé par le groupe Wallace, dirigé Niander Wallace (Jared Leto). C’est ce groupe qui fabrique désormais les répliquant nouvelle-génération.

Blade Runner 2049 Denis Villeneuve

Comme pour le premier film, on s’intéresse donc à la fameuse question : qu’est-ce qui nous rend humains ? Cette fois, Denis Villeneuve attaque la chose plus frontalement que Ridley Scott. De manière plus générale, le film se veut plus direct et moins mystérieux que le premier. Restant un blockbuster des années 2010, Blade Runner se doit d’apporter des réponses aux spectateurs. C’est le seul léger regret d’un film qui aurait pu gagner à être par moment dans la suggestion. À tout dévoiler, le résultat manque quelque peu de substance.

Pour le reste, le casting XXL est impeccable. Ryan Gosling trouve ici l’un de ses plus grands rôles au cinéma. Dans son style minimaliste que l’on connaît, il campe ici un héros solitaire magnifiquement porté par la BO. Harrison Ford en Deckard vieillissant, profite pleinement de son temps à l’écran. Jared Leto, décidément dans tous les coups ces derniers temps, s’offre encore un rôle iconique. Mention spéciale au trio féminin composé de Robin Wright, Ana de Armas et Sylvia Hoeks. Les femmes sont d’ailleurs beaucoup plus présentes ici que dans le premier film. Enfin, il aura fallu attendre 2017 pour voir Dave Bautista jouer autre chose qu’une brute ! Concernant la bande originale, Vangelis avait atteint les sommets en 1982. Il allait donc être difficile de renouveler pareil exploit. Cette fois, c’est le duo Hans Zimmer, Benjamin Wallfisch qui s’y est collé. Le résultat aux sonorités très électro est efficace et actuel (malgré un volume parfois trop élevé).

Blade Runner Robin Wright

Si Blade Runner 2049 n’atteint le niveau de son glorieux aîné (était-ce seulement possible ?), cette suite est extrêmement réussie. Un sequel avec des idées et qui développe la vision du premier, une réussite. 2h43 où l’on vit une véritable aventure, qui prend le temps d’avancer. La réalisation de Denis Villeneuve aura également le mérite d’ouvrir un nouveau public au film de 1982. Pour son premier blockbuster, le Canadien a donc vu juste en nous servant un film avec une âme. Son prochain défi, « Dune » ne sera que plus attendu.

Photo By: Sony Pictures
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