De retour avec son projet Keta, Eddy Mufasa surprend à nouveau. Retour sur un album riche et intéressant.

L’un des rappeurs sur lesquels l’Afrique peut compter est de retour avec une nouvelle galette depuis quelques mois. Depuis l’Italie son pays d’adoption, le rappeur togolais fidèle à son style décalé et éclectique a décidé de sortir en indé son nouveau projet intitulé « Keta ». Un titre avec « un triple sens », d’abord dans son dialecte « Ewé », Keta veut dire « sur la côte » (près de la mer). Keta est aussi le nom de la ville d’origine de sa mère au Ghana et Keta est aussi le diminutif de « Ketamine » utilisé en médecine ou comme stupéfiants. Non pour faire l’apologie des drogues, Eddy Mufasa utilise ceci pour faire comprendre que sa musique est destinée à faire voyager, à « anesthésier », c’est un rappeur qui se définit dans un univers décalé ou la fumée peut parfois être utile pour prendre du recul (restons fun et léger quand même ! C’est certainement pour cela vous le voyez souvent avec une pipe !). Toutefois il s’estime « près de la côte », prêt à affronter les nombreux obstacles de la vie d’un artiste en indé et également celle de la vie d’un jeune africain débrouillard en Europe.

Les 14 titres offerts par le jeune togolais dénotent sa volonté de présenter un album abouti qui transmet sa vision à un public établi entre l’Afrique et l’occident. Il rappe à la fois tendre, ou violent en anglais ou dans sa langue d’origine « Ewé » tantôt sur un instrumental classique à base de guitare tantôt sur une prod rap lourde de son ingé Kick’F. « Guitar Love » reste l’un des titres phares, à côté de « No Problem », toutefois il préfère le ramener en version remix en faisant appel à un compatriote Lord Carlos, c’est un projet où il ne se disperse pas, mais retourne à la base, ses racines et l’essence de sa musique, les trois artistes sur les trois seules collaborations sont togolais. La seconde collaboration « Kind of way » est une ballade RnB parsemée de rap sur une prod envoûtante ou encore « Sample » une décharge électrique rap avec le jeune talentueux Djacky Jack. On ressent qu’Eddy Mufasa suit un fil conducteur sur le projet où il présente les différentes émotions par lesquelles peut passer un jeune artiste. Logiquement, il parle de « hustlin » et de l’ambiance de la street dans « No Problem », une atmosphère dynamique où il lâche des punchlines spontanées (l’anecdote, il a écrit ce morceau sous la douche), une vibe qui glisse bien sur la vidéo du réalisateur italien Peter Marvu.

L’originalité du résultat démontre pourquoi Eddy Mufasa a voulu en faire son titre phare. A l’instar de « Sample » où l’intro « Hustler », les résonances et les techniques de rap démontrent que c’est un Mc qui ne reste pas sur ses acquis, mais développe un univers entre authenticité, recherche musicale, ambiance décalée et excellence. Un album disponible en téléchargement sur les plateformes digitales iTunes, Deezer, Tidal, Spotify.

Par Jude B

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