Hier, on a eu droit à un combat sur le court n°1. Deux gladiateurs armés de raquettes ont livré un match de 4h48 ! Ces deux gladiateurs sont Rafael Nadal et Gilles Müller, et bien évidemment, on va forcément parler de celui qui est ressorti vainqueur : Gilles Müller.

Oublions pour quelques mots une certaine « objectivité », et le fait que j’écris au nom de La Sueur. Moi, Pierre, suis fan de Rafael Nadal. Il fait partie de l’un de mes premiers souvenirs sportifs, et du peu dont je me souviens, c’est lui qui m’a donné envie de m’intéresser au tennis. Mais pourtant, qu’est ce que je suis heureux de voir Gilles Müller gagner… La 1re raison, c’est que c’est toujours un plaisir de se faire la réflexion que Müller ressemble à un croisé entre Vin Diesel et Medi Sadoun de Kaïra Shopping. La deuxième raison et la plus importante, c’est que c’est un spécialiste sur gazon qui bat un top player. Car oui, on est à Wimbledon, et peu de joueurs s’adonnent à un tennis de gazon. Un tennis tourné vers l’avant, en service volée, en variation, enfin vous connaissez la musique. Et une des raisons pour lesquelles les joueurs ne jouent pas ce genre de jeu, c’est parce que les meilleurs du circuit gagnent sans réellement adapter leur jeu. On se retrouve donc avec un jeu linéaire pour tous, en fond de court avec des souches en coup droit et revers sur quasiment chaque point.

Donc, dans cet affrontement, on avait deux prototypes différents : Rafael Nadal, surpuissant en fond de court avec peu de variation. En même temps, avec un coup droit pareil, pourquoi varier ? Face à lui, Gilles Müller, un des derniers spécialistes sur gazon avec Feliciano Lopez et Mischa Zverev. Une sorte de dinosaure quoi. Pour preuve, son regain de forme la saison de l’herbe arrivée. 2ème tour à Monte-Carlo, 2ème tour à Madrid, une finale à Estoril certes, mais sans grande concurrence, et surtout un premier tour à Roland Garros perdu face à Garcia-Lopez. Bref pas brillant. Et passer de l’orange au vert lui fait pousser des ailes : victoire à ‘S-Hertogenbosch, demie au Queen’s perdue face à Cilic, et donc quart de finale au minimum à Wimbledon. En 2017, sa meilleure performance jusqu’ici : une victoire face à Cuevas à Sydney. Une fois le gazon arrivé : Alexander Zverev, puis Tsonga, puis… Nadal. Si on n’est pas en face d’un spécialiste là…

La troisième raison pour laquelle on est heureux de voir Gilles Müller passer, c’est que son match était dingue. Non non, rectification : LE MATCH ETAIT DINGUE. Dans un stade acquis à la cause de Nadal, Gilles Müller était stratosphérique dans sa tête. Premier set : Nadal ne fait aucune faute directe. Aucune. Pourtant, Gilles Müller gagne la première manche 6/4. Vous voyez le niveau de jeu ? Müller enchaîne 6/3. Le Nadal que l’on connaît ne lâche rien, et prend les deux autres sets. À ce moment-là, quoi penser ? Gilles Müller n’avait jamais perdu de match auparavant lorsqu’il avait gagné les deux premiers sets du match, certes. Mais en face c’est Rafa, le mec peut tout faire ! Le cinquième set nous a donné une réponse… Et quelle réponse. Vous la connaissez : 15-13 dans le dernier set. Si l’on part du principe que le cinquième set au tennis est un combat plus psychologique que tennistique, il est vrai que Gilles Müller a bouffé Rafael Nadal. Le mec avait quand même de quoi péter un plomb : il gagnait deux sets à zéro, il a eu 4 balles de match effacées où à chaque fois l’espagnol a réussi à finalement prendre son jeu de service, mais Gilles Müller n’a rien laissé paraître. Rien. Un mur. De son côté, Rafael Nadal s’est énervé et a montré des signes de nervosité rares : l’espagnol s’est plaint de son manque de challenges (il a bouffé ses 3 challenges rapidement au début du cinquième, un moment donné, ça lui a manqué), du soleil qui reflétait dans une paroi métallique (une personne dans le public a donc posé son écharpe sur la paroi), d’une balle qui traînait, oubliée par le ramasseur de balle, mais surtout, de tout ce qu’il a pu manquer en fin de set. À chaque faute, on voyait l’espagnol se décomposer, adopter des attitudes qui ne lui sont pas propres. Donc oui : Gilles Müller a bouffé Nadal psychologiquement.

Une vraie performance pour le 26ème mondial qui se débarrasse donc du 2ème mondial. Avant cela, Gilles Müller a bataillé. Hormis sa victoire au premier (face à Fucsovics) et troisième tour (face à Bedene), le luxembourgeois avait déjà remporté un match tendu face à Lukas Rosol, que Rafa connaît bien puisqu’il avait perdu face à lui ici même il y a maintenant 5 ans. Un score quasi identique dans sa finalité : 7/5 6/7 4/6 6/3 9/7 ! TEN-DU !

Merci messieurs, pour ce match qui restera dans l’histoire. Chaque année il y a un match dantesque, et cette année, il est très probable que ce soit celui-ci. Remercions aussi Rafael Nadal pour son attitude. Après sa défaite, l’espagnol a franchi le terrain pour féliciter Gilles Müller. Après avoir rangé ses affaires, l’espagnol a attendu Gilles Müller en saluant la foule, sous l’ovation du public. Il s’est même arrêté quelques secondes pour signer des autographes. Un fair-play rare !

Soulignons aussi que, certes, Rafa est « habitué » aux sorties précoces à Wimbledon. L’histoire se renouvelle une fois de plus, mais cette fois-ci, Rafa avec les honneurs ! Il est simplement tombé sur plus solide que lui. Bien évidemment, on vous recommande fortement les highlights.

Prochain rendez-vous pour Gilles Müller : Marin Cilic. Attention danger, car le Croate a démonté Bautista Agut : 6/2 6/2 6/2. Cilic qui est aussi très à l’aise sur gazon. Même si l’affiche ne fait pas rêver, on peut être assuré d’un grand match entre les deux hommes. Ils se sont déjà affrontés une fois sur gazon cette année, et c’est Cilic qui est reparti vainqueur (6/3 5/7 6/4). En tout cas, si le match est aussi bon qualitativement : on signe direct.

Partager cet article

Tags Wimbledon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *