Karen Khachanov : le titre à Marseille et encore de belles promesses

Le tennis russe se porte bien ! Avec Medvedev d’abord puis Rublev, on ne finit pas de parler du tennis russe. Cependant, on attendait depuis quelque temps le moment où on allait parler de Karen Khachanov. Malgré quelques belles perf’, il n’avait pas suffisamment perforé un tableau pour pouvoir attirer les yeux du très grand public. Avec cette victoire à Marseille, c’est désormais chose faite.

A à peine 19 ans, Karen Khachanov avait en 2016 remporté le premier tournoi de sa jeune carrière. L’ATP 250 de Chengdu était donc le théâtre de sa jeune éclosion. Il avait alors battu des gars comme Feliciano Lopez, Adrian Mannarino ou encore Viktor Troicki. L’année 2017 fut moins faste en termes de résultats : Khachanov se fait remarquer en allant jusqu’en demie à Halle, en huitièmes à Roland ou encore en quarts à Barcelone. Malgré les évidentes défaites face aux meilleurs (Federer et Nadal), Khachanov laissait une impression de puissance côté revers qui ne laissait pas indifférent.

Plus que ses résultats, c’est son jeu qui marque les esprits. Dans la grande lignée russe des Marat Safin ou Yevgeny Kafelnikov, Khachanov est un grand bourrin. Très grand (1m98), son jeu est naturellement orienté vers de grandes souches des deux côtés du terrain. Être grand est une bonne base au tennis, mais cela ne fait pas tout. En plus de cette qualité physique naturelle, Karen Khachanov a le don d’extrêmement bien se déplacer pour un gabarit comme lui. Ce n’est pas un hasard : le russe de 21 ans s’entraîne en Espagne, comme l’avait fait Marat Safin, où l’on apprend d’abord le tennis avec les jambes plutôt qu’avec les bras. Combinez donc la puissance, la vélocité, l’audace et la fraîcheur d’un gamin de 21 ans : ça forcément bien au tennis.

Ça joue tellement bien au tennis que les comparaisons ne tardent pas à fleurir. Certains y voient le digne successeur de Marat Safin. Nous, on y voyait un Del Potro inversé, avec un revers plus performant que coup droit. Que de compliments pour un bonhomme qui tardait à confirmer son potentiel. L’après-Wimbledon se finit mal (6 victoires – 10 défaites) et malgré sa participation à l’ATP NextGen Finals, Khachanov a tendance à décevoir.

2018 est une autre année : si les résultats ne sont pas encore probants, Karen Khachanov perd quasi uniquement contre des Top Players (Del Potro à Auckland et Melbourne et Goffin à Montpellier). Mais pas de panique côté russe, le jeu est définitivement là.

Marseille apparaît alors sur le calendrier, et hourra pour Khachanov, la tête de série numéro 1 David Goffin a pris une balle (de tennis hein) dans l’œil à Rotterdam ce qui le contraint à l’abandon à Marseille. Pas de Top-Player sur le chemin pour Khachanov puisque Wawrinka n’est pas encore guéri et Lucas Pouille, tête de série numéro 3, n’est pas ce qu’on peut appeler un Top-Player. Le russe est hyper solide : il ne perd pas le moindre set jusqu’en finale. Sur son chemin, Mischa Zverev et Tomás Berdych notamment prennent des gifles (6/2 6/1 et 6/3 6/2). On commence donc doucement à se mouiller la nuque et prier pour Lucas Pouille, son adversaire en finale. Certes, Pouille est mieux classé (16ème contre 47ème) mais Khachanov est peut-être un peu au-dessus en termes de niveau. Meilleur serveur, plus mobile, Khachanov impose sa loi face à Lucas Pouille. 7/6 3/6 7/5 au final, un vrai combat et une victoire méritée pour le jeune russe.

La semaine prochaine à Dubaï, Karen Khachanov bénéficiera aussi d’un tableau un peu dépouillé. Sur sa route au second tour : Lucas Pouille. Une fois ce choc passé, le vainqueur de cette rencontre devrait se balader jusqu’en finale où Dimitrov devrait l’attendre. En bref, ne soyez pas étonnés si Karen Khachanov soulève un autre trophée la semaine prochaine.

Photo By: Tennis Circus

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