À la découverte de Lost in the Swell – Surf vs Wild
Lost in the Swell, un projet aussi déjanté que réjouissant
Lost in the Swell, c’est le projet complètement barré de 3 surfeurs bretons Ewen, Ronan et Aurel. Sous forme de web-séries diffusées sur YouTube, ces Indiana Jones du Surf se tapent les surftrips les plus dingues qu’il puisse exister. Après avoir tenté de survivre sur une Île déserte et après avoir fait le tour des îles Salomon à la recherche des plus vagues de la planète, ils repartent pour une nouvelle aventure aussi surhumaine que les précédentes. À l’aide de Fat Bike (les vélos à grosses roues), nos 3 bretons vont longer les plages de l’Afrique de l’Ouest pour aller se gaver sur les nombreux Beach Breaks de la région. On est allez rencontré Ronan, le réalisateur de cette série qui affole la planète surf pour en savoir plus sur ce nouveau trip et sur leurs aventures passées faites de chikungunya, crocodiles et gros barrels.
Salut Ronan. Comment est né
le projet de Lost in the Swell ?
Nous sommes tous les
trois des amis d’enfance, on était à l’école ensemble. Ewen et
Aurel sont surfeurs, moi je suis photographe de surf professionnel.
On a commencé avec Des Îles Usions où sur un coup de tête
on a pris un billet pour l’Indonésie avec l’objectif de faire notre
propre Koh-Lanta. Cela a été un gros fiasco, on a tenu 23 jours on
s’est fait démonter avec notamment Ewen qui a attrapé le
chikungunya. On est rentré déçu alors qu’on était parti en
mode « tout nous fais chier en France ». En revanche, la
série a super bien marché sur You Tube et cela nous a motivés à
continuer, mais en revoyant nos ambitions un peu à la baisse. On a
donc eu l’idée d’être mobile d’où le bateau dans la première saison
et le vélo dans la prochaine.
Pour revenir sur Des Îles
Usions, en regardant la série vous en avez vraiment
chié…
Oui c’est clair, on est allez là-bas fleur au
fusil. La plupart des gens qui font cela se documentent énormément
avant d’y aller. Nous, on s’est renseigné, mais pas assez.
Heureusement qu’on a décidé de partir, on a contracté toutes les
maladies possibles durant cette aventure.
À côté, je suppose que le
tour des îles Salomon avec votre bateau Gwalaz a été une promenade
de santé ?
C’est ce que les gens pensent, mais oui et
non. Cela a été beaucoup plus long (3 mois contre 23 jours), à la
fin notre peau était pourrie du fait de l’humidité. En plus on
était responsable de tout, vu qu’on n’était pas de très grands
marins on a pris pas mal de risque pour naviguer. La difficulté
était peut-être plus dure à rendre en image, mais il y avait un
stress permanent pendant ce périple. On a essayé de découvrir de
nouveaux pays de nouveaux gens, alors qu’on souffrait de plus en
plus. Cela n’a pas été une expérience facile non plus, c’était plus
dur physiquement.
Quel est le moment que tu
retiens plus particulièrement dans ce trip aux
Salomon ?
Il y en a eu beaucoup, mais ce qui m’a le
plus marqué c’est quand je me suis retrouvé nez à nez avec un
crocodile. C’était une parano constante, on ne les voyait que la
nuit et on a du coup pas mal stressé à cause de cela. J’étais le
premier à en voir un, le truc était énorme et bien plus gros que
notre bateau. Tu te rends compte à ce moment-là que ça fait
plusieurs semaines et mois que tu dors a coté des ces monstres, ça
nous a foutu la trouille. Quand je suis rentré en France, j’ai
continué a y penser et je me suis dit que j’étais vraiment très con
d’avoir fait un trip comme celui-ci.
Bon apparemment vous n’en
avez pas eu assez avec Gwalaz, vous partez sur un nouveau projet à
vélo cette fois-ci. Peux-tu nous en dire un petit peu
plus ?
On ne voulait pas refaire la même chose. On
aurait pu repartir avec Gwalaz, mais j’avais peur de refaire le
même film. En plus lors du voyage aux îles Salomon, il y avait la
frustration d’arriver de derrière les vagues. On ne voyait donc pas
si c’était surfable ou pas. On s’est donc dit que serait bien
d’avoir un moyen de locomotion pour arriver juste pile poile devant
les vagues. Du coup en cherchant, on vu ces Fat Bikes avec ces
grosses roues qui pouvaient rouler dans le sable et on s’est dit
bingo c’est pour nous. La destination est encore secrète, mais ce
sera en Afrique de l’Ouest, on part début juillet pour 3 mois
maximum. On cherchait des longues plages avec des Beach breaks, en
espérant qu’on ne se plante pas.
L’automne dernier vous avez
fait un petit test en Aquitaine avec les Fat Bikes. Comment cela
s’est passé ?
On avait fait la même chose avec le
bateau en faisant le tour de la Bretagne avant de partir aux îles
Salomon. Heureusement qu’on a fait cela d’ailleurs, sinon je pense
qu’on serait mort. Là c’était la même chose, on a essayé du coup de
s’isoler sur les plages landaises. Ça s’est bien passé, mais
c’était différent de la voile. À vélo, tu utilises tes jambes,
c’est donc extrêmement physique, on a roulé dans le sable et en
plus on était très chargé. Pour les surfeurs c’était très dur, ils
roulaient toute la journée et arrivé le soir sur le spot ils
n’avaient plus de jambes. Au final, c’est l’aventure la plus
physique qu’on ait faite jusque là. On a bouffé plus de sable que
de route.
Est-ce que comme dans le
trip aux Salomon, il y a une dimension écologie autour de ce
nouveau projet ?
Oui, les vélos sont faits en bambous
et en fibre de lins. Ce sont des vélos faits à la main et dans les
Vosges, ils sont d’ailleurs un peu trop luxueux pour nous (rires).
Plutôt que de s’acheter cash des vélos made in China, c’est
beaucoup mieux d’avoir des engins de ce type. Après sur la
dimension écolo, on n’aime pas trop faire la morale là-dessus. On
ne se revendique pas les plus grands écolos du monde, ce n’est pas
trop notre crédo d’être des grands défenseurs de la Planète. Après
oui dans notre façon de voyager et avec toutes ces questions d’eau
douce, on sera dans cette thématique.
J’ai l’impression qu’avec
votre façon de voyer, le surf est au final devenu quelque chose de
secondaire au profit des rencontres et des
découvertes…
Oui je suis assez d’accord avec toi.
C’est vrai que le surf est devenu une excuse, un but final. Après
Ewen et Aurel sont passionnés par leur sport et notre public est
pour la plupart des surfeurs. Avant on avait une vision de surfeurs
pro qui ne pensent qu’à ça, maintenant on est plus des surfeurs
amateurs qui pensent à ça le week-end.
Avec tous ces voyages,
quelle est la plus belle vague que vous ayez surfé ?
Oui, il y a en une, mais le problème c’est que j’ai perdu la carte
mémoire. À chaque fois on verse une larme quand on parle de cela.
Il y en a une autre qu’on peut voir dans l’épisode 12 (voir
plus bas) de la saison aux Salomon. Ce n’était pas une vague
énorme, mais elle était idyllique pour eux. Il n’y avait personne
autour, on a vécu de super moments en la surfant. Ewen et Aurel ont
donné un nom pompeux à cette vague, mais ça faisait un peu trop
explorateur qui plante son drapeau. Les Salomon, c’est la carte
postale rêvée du surfeur avec une eau magnifique, nature luxuriante
et surtout personne autour.
Merci Ronan et bon courage pour votre prochain trip !
Une campagne de
Crowdfunding pour aider les gars de Lost in the Swell
Un voyage comme cela, ça se prépare et ça se finance. Si vous
voulez aider Lost in the Swell pour boucler leur budget, vous
pouvez participer à la campagne de crowdfunding mise en place sur
la plateforme Ekosea. Déjà un grand succès, cette campagne de
financement participatif a déjà dépassé l’objectif initial de
4 500 €. L’idéal pour nos 3 explorateurs serait d’atteindre
les 12 000 € afin de partir dans les meilleures conditions
possibles.
Tous les détails de la campagne de Lost in the Swell ici
Page facebook de Lost in the Swell
Site web de Lost in the Swell

















