La Sueur au Red Bull dernier mot : Punchliiiiiine !

On en parlait il y a quelques jours, le Red Bull Dernier Mot qui s’impose progressivement comme une des plus grandes compétitions d’improvisation et de trash-talk dans son genre se déroulait ce week-end au Trianon. Débrief d’une soirée basée sur le chambrage no limit.

Tout d’abord le Trianon : Située à deux pas du Sacré Coeur, elle a vu passer au fil des années des artistes de toutes catégories, ce qui en fait avec l’Élysée Montmartre et la Cigale, une des plus grandes salles de spectacle du nord de Paris, notamment Montmartre.

C’est donc ici que le Red Bull Dernier Mot 2e Edition (finale) a décidé de poser ses valises, après des sessions de qualification dans toute la France. On retrouve ainsi là les 16 meilleurs improvisateurs français, tous venus démontrer leurs qualités techniques et leur créativité devant un public et un jury exigeants. Et pour cause, les règles ont été définies au préalable : sujets imposés en direct et au dernier moment via des mots, thèmes ou images projetées sur écran. Comme en jazz, les MCs doivent trouver en quelques secondes le bon accord, la bonne rime, et la délivrer de manière élégante sur fond d’instru hip-hop.

Le public, très varié ce soir-là (lycéens, étudiants, jeunes actifs etc…) était clairement venu pour les punchlines, ces fameuses phrases percutantes destinées à marquer la mémoire de l’auditeur. Et ils n’ont pas été déçus : Alors que les sujets les plus improbables se sont enchaînés sur les écrans, sur des rythmes parfois difficiles à dompter, certains ont su trouver la force nécessaire afin de terrasser leurs adversaires. Aucune pitié : si la punchline ou la rime n’est pas au rendez-vous, la vindicte populaire ne se fait pas attendre. Les bégaiements ou autres phrases off beat sont aussi naturellement sanctionnés par l’auditoire et par le jury principalement composé de figures hip-hop.

Une très grosse ambiance donc ce soir-là et à la mesure des punchlines entendues. Parmi celles-ci, on se souviendra notamment de «T’as perdu là, j’suis pas devin, mais retourne sur le banc, ce soir t’es Florian Thauvin » (Weedle). Après plusieurs heures de phases finale (entrecoupées par des pauses où les Neg Marrons ont pu donner une prestation), c’est finalement le bordelais Maras qui va l’emporter après un combat acharné contre Doc Brrown qui reçut une longue standing ovation du public après une répartie cinglante.

En nous entretenant avec les candidats, notamment avec le finaliste Doc, on se rend compte que le niveau était effectivement très élevé (« C’est Fortnite »), mais que malgré le trash-talk, les candidats ont énormément de respect envers l’autre. Chacun ici a sa propre histoire : Le grand gagnant Maras (de son vrai prénom Matthias) nous a ainsi confié que ses débuts en rap freestyle se sont faits en 2003 lors d’une réunion entre potes où il sort sa première phrase « Moi c’est Matthias, put*in de ma race », ce qui va ensuite constituer son nom d’artiste (Maras). Expérimenté dans le domaine (à son actif des rap contenders et un EP intitulé Sixième verre disponible sur Spotify, il a ainsi su dominer ses adversaires et garder son sang-froid dans des rounds pourtant difficiles.

Quant au jury, notre entretien avec la figure du hip-hop français Fif (fondateur du site Booska-p.com dont la genèse est notamment racontée dans des mini-épisodes : les Fif stories) a confirmé que les avis des jurys ont été essentiellement basés sur la qualité de la punchline et du flow : Le niveau était élevé. Très attaché au respect de l’adversaire (pas d’insultes tolérées sur la mère), Fif nous a néanmoins réaffirmé à sa manière une des valeurs clés du hip-hop : le respect. C’est donc sur une soirée où se sont mêlées vannes, rigolade et bonne humeur que notre samedi s’est terminé. Et ce seront nos derniers mots.

Setry

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Photo By: Little Shao Photographer

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