Enter the Matrix – Anderson Silva et sa demonstration contre Forrest Griffin

S’il y a bien un combat qui a permis à Anderson Silva d’entrer dans la légende, c’est son affrontement face à Forrest Griffin lors de l’UFC 101. Une démolition totale sur fond d’esquives à la Matrix qui a fait de « The Spider » un des combattants les plus emblématiques de l’histoire de l’UFC. Ou quand l’art prit forme dans l’Octagon.

UFC 64, 14 octobre 2006. Un Brésilien s’apprête à bouleverser l’UFC à tout jamais. Son nom ? Anderson Silva. Le spécialiste en striking n’a alors qu’un seul combat à son actif au sein de l’UFC, un KO sur Chris Leben en moins de 50 secondes. Autant dire que le néo-transfuge du Cage Rage n’est pas là pour enfiler des perles. Cette prestation de folie débouche sur un title shot face au champion de l’époque, Rich Franklin. Un saisie tentaculaire et 214 523 coups de genou plus tard, Anderson Silva est le nouveau champion des poids moyens de l’UFC.

S’ensuivront 5 défenses de titres consécutives et 10 combats sans défaite à l’orée de ce fameux UFC 101. Le champion brésilien accepte de monter en catégorie pour affronter Forrest Griffin. Bien que la dynamique folle de Silva joue en sa faveur nombreux sont ceux à douter de la capacité à triompher de Griffin, un ancien champion doué dans tous les aspects du MMA et qui qui plus est n’est pas exactement le plus chétif des Lourds-Légers en termes de gabarit. Un véritable challenge pour Silva, donc, lui qui semble alors manquer d’adversaires à sa mesure.

Sauf qu’il n’y eut pas réellement d’affrontement. 3 minutes et 23 secondes. C’est le temps dont aura besoin Anderson Silva pour littéralement ridiculiser Griffin. Le combat est tellement déséquilibré que Silva fait passer Griffin, encore une fois un ancien champion, pour un combattant du dimanche. Griffin ne parvient quasiment pas à toucher Silva. Tout paraît ricocher sur le Brésilien. Mieux, il parvient à infliger 2 knockdown à son adversaire avant de le mettre KO avec un jab (!) en effectuant plus ou moins un moonwalk. Oui, rien que ça.

Les statistiques ne reflètent pas totalement la configuration de ce combat. En effet, outre l’annihilation de Griffin par Silva ce qui marque est la façon dont le Brésilien s’est exécuté. Rarement un jeu de jambes aussi fluide et précis n’a été exhibé dans la cage de l’UFC. De même pour ses esquives qui semblaient tout bonnement sorties du film « Matrix. » Le Brésilien fait preuve d’une élégance dans le geste qui n’est pas sans rappeler un certain Muhammad Ali. Une aisance, une fluidité, une grâce qui n’ont à ce jour toujours pas trouvé d’égal en MMA.

Plus qu’un combat, il s’agit d’un véritable récital dont Anderson Silva nous a gratifiés en cette nuit d’août 2009. Une partition finement délivrée par un chef d’orchestre hors du commun qui réconcilia technique et classe, beau geste et efficacité, violence et raffinement. Une prestation qui légitima le fait que le MMA est synonyme d’art, rien que ça.

Photo By: UFC/Montage La Sueur

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