Luidji

Luidji est un artiste à part dans le rap jeu. En live dans le cadre du Red Bull Music Festival le 20 septembre prochain et en concert à la Maroquinerie en octobre (déjà sold out), le rappeur s’est livré à un entretien avec nous. Portrait d’un rappeur pas comme les autres.

C’est lors d’un long échange téléphonique que nous avons l’occasion de découvrir le rappeur à l’univers particulier. Retour quelques années en arrière : Luidji, d’origine haïtienne, grandit aux quatre coins de l’Ile-de-France et vit ainsi à Aubervilliers, La Courneuve, en passant par Issy-les-Moulineaux. Ce parcours atypique, l’artiste l’assume pleinement. En effet, alors que la plupart des rappeurs ont pour habitude de se revendiquer d’une ville ou d’un quartier ; Luidji nous confie n’avoir jamais voulu représenter quoi que ce soit, mais fait de la pluralité de ses expériences vécues entre le nord et le sud de Paris une véritable richesse.

Comme la plupart des enfants à son âge, le jeune Luidji souhaitait ainsi faire carrière dans le football pour finalement se diriger vers la musique, qu’il commence véritablement en 2009 avec la sortie d’une première mixtape intitulée Freshness. Après la sortie d’un EP en 2012, le rappeur est vite repéré par les maisons de disque et sort Station 999 en 2014 sous Wagram, puis Mécanique des Fluides. Mais le jeune homme souhaite alors s’émanciper, retrouver une certaine liberté artistique et surtout une authenticité : il crée alors sa propre structure indépendante Foufoune Palace.

Fast forward to now, le jeune rappeur nous parle ensuite de son dernier projet Tristesse Business, qui à la première écoute se distingue notamment par la sincérité des émotions, et par les thèmes de l’amour, ainsi que des relations hommes/femmes déclinés sous toutes ses formes. Une grande similarité aux styles de Hamza ou encore Drake est notamment à souligner, Luidji nous avouant qu’une de ses plus grandes inspirations reste Noah « 40 » Shebib à l’origine de la plupart des productions du Canadien.

On choisit donc de revenir avec lui sur certains de ces morceaux. Dans le morceau Gisèle, très ancré dans l’air du temps, il évoque les femmes aux fausses apparences et qui souhaitent la gloire sans travail/talent à tout prix, sur fond de réseaux sociaux. Dans ce morceau, il pointe notamment le poids exponentiel des Instagram/Facebook/Twitter dans la course à la fainéantise (« Tu ne vis que pour les caméras, les appareils photo (…) le regard des autres (…) et le champagne à gogo »). Femme flic reste d’ailleurs dans le même sujet et évoque la conjointe parano qui espionne son gars sur les réseaux. Le morceau Néons rouge aborde quant à lui le thème de la monotonie néfaste dans la vie de couple. Enfin, dans Veuve Clicquot, il aborde le thème de l’opportunisme et des gens venant par intérêt. Il nous raconte ainsi une histoire personnelle d’une personne dans l’industrie ayant essayé de l’arnaquer et l’ayant poussé à faire davantage attention aux personnes auxquelles il remet sa confiance.

L’album est ainsi très complet dans la palette des émotions retranscrites, Luidji ayant déjà en tête de le défendre sur scène à partir de septembre prochain. Le rappeur étant également fan de football, on en profite pour lui demander son avis sur la dernière saison du PSG. Malgré une domination du club parisien en championnat, Luidji juge leur dernière saison décevante, voire en régression et met en avant le manque d’état d’esprit et le relationnel trop peu présent entre le club en tant qu’institution et ses joueurs.

Alors que la Ligue 1 reprend dans quelques jours, l’avenir nous dira si les leçons auront été prises sur cette nouvelle saison 2019/2020. En attendant, Luidji reprendra de son côté le marathon promo avec des lives qui s’annoncent bouillants.

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