Chronique : Mac Miller – The Divine Feminine

Mac Miller sortait le 16 septembre son quatrième album, The Divine Feminine. Une réussite totale et son meilleur album !

Enfin, à 24 ans et après quasiment 10 ans de carrière, Mac Miller tient enfin son classique. The Divine Feminine est l’album qui lui permet de franchir l’étape difficile de prospect à artiste accompli (Kid Cudi si tu nous lis). La fusion irréelle du rap avec le R&B et le jazz, c’est aussi ça The Divine Feminine.

Une densité rare

The Divine Feminine, c’est 10 morceaux, oui seulement, mais 10 morceaux tous plus riches les uns que les autres. À l’heure où beaucoup sortent des albums de 20 morceaux, Mac Miller a donc choisi de privilégier la qualité à la quantité. On ne peut que lui donner raison. Au terme de ce voyage de 53 minutes, vous n’aurez alors qu’une seule possibilité : recommencer.

« Je veux que les gens écoutent cet album et qu’ils le considèrent comme un rendez-vous amoureux à part entière » – Mac Miller pour Complex.

L’amour, encore l’amour, l’amour toujours, c’est dans cette inépuisable source d’inspiration que l’album trouve ses racines. 10 morceaux pour couvrir un sujet aussi complexe c’est peu, mais leur richesse nous permet de ressentir tour à tour la sensualité, la mélancolie, la nostalgie, la passion, le sexe (notamment sur Stay)… Tout cela grâce à Mac Miller, qui chante d’ailleurs plus qu’il ne rappe dans l’album.

Des collaborations judicieuses

L’enfant de Pittsburgh y est allé assez fort sur les featurings : Bilal, Anderson .Paak, Ty Dolla $ign, Njomza, CeeLo Green, Ariana Grande et Kendrick Lamar. 7 collaborations sur 10 morceaux, ça fait beaucoup. On se souvient notamment des résultats peu satisfaisants des derniers albums de The Game ou du risque d’être finalement le guest de son propre album. Pour The Divine Feminine, il n’en est rien. Mac Miller aux commandes, il nous fait voyager au gré des morceaux et se sert à merveille du talent de ses invités pour faire de cette parenthèse quelque chose d’inoubliable.

Congratulations (feat. Bilal), le son inaugural de l’album représentante a lui seul l’ambition de Miller sur l’album. Il nous livre quelque chose d’inédit en nous prenant avec douceur, sur une magnifique ballade au piano. « You was there before the fancy cars and. You was there when I was just a starving artist, when the car was having trouble startin’.. Now we got our own apartment,same box for the mail. Same hamper for the laundry, the food in the fridge is stale« . Congratulations retrace en réalité son histoire avec Nomi Leasure, dès débuts, à l’inévitable rupture. On vous met d’ailleurs au défi de trouver une intro plus aboutie (Tuscan Leather de Drake, on sait).

Si tous les morceaux méritent notre attention, notre véritable coup de cœur est pour Cinderella (feat. Ty Dolla $ign), 8 minutes de pur bonheur. Avec Cinderella, c’est une nouvelle femme qui arrive dans la vie de Mac Miller, ça peut être Ariana Grande comme une autre…

L’amour encore, on sait que Mac Miller est en couple avec Ariana Grande (présente sur My Favorite Part). Le featuring s’il n’est pas le meilleur morceau de l’album, déborde de sincérité. Avec un Miller qui dit notamment : « You just don’t know how beautiful you are, and baby that’s my favorite part ». On retrouve ainsi « la patte » Grande (notamment au niveau des vocals) partout dans The Divine Feminine, pour le meilleur.

L’album se termine sur God Is Fair, Sexy Nasty (feat. Kendrick Lamar), si la collaboration est réussie, la dernière partie de la chanson est juste bouleversante. Miller invite une veuve (sa grand-mère) en conclusion de l’album pour parler de sa relation feu son mari ; le tout avec Robert Glasper au piano. Pour résumer : “How important it is to love, respect, and care for each other« . Instant émotion :

« Hello I would like to tell you about my love affair with my husband and the wonderful ways that we were able to understand each other and find out about each other. We got to know each other little by little living very close in the same building and he would help me with things and I would see him and think « what a cute guy » and he was a cute guy. And it was just little by little we got to know, just to say hello. One day I invited him to a party and I had heard so much about him, people respected him, and he was good to everybody, he knew, people he worked with all adored him. And it was something so important, the respect that you have for somebody, for me was the most important. Being attracted to him and being…finding people respected him and I respected him. I love the fact that he sensed how my feelings were, and I learned to understand and respect and see his feelings and understand his feelings ahead of time.

So it was so very easy to be together and look forward to being together and our love affair just blossomed the more we saw each other and the more we were together, we learned more and more about each other. After a short period of time, we became engaged and had a very small intimate wedding with just family and very close friends, the friends we continued to have for the rest of our life and then came two adorable little boys. And…my husband just adored my daughter and adored the two boys, and I feel I just gave him a wonderful life. A good marriage and a wonderful family and I know he really had a beautiful life and I did too. And how important it is to love, respect and care for each other. »

Voulant confirmer depuis le flop Blue Slide Park (1/10 sur Pitchfork), Miller s’est donc approprié l’amour le temps d’un album pour le magnifier comme jamais. Bravo. Dans la lignée d’un immense Kendrick Lamar, il parvient, à sa façon, à faire avancer le rap américain, jusqu’où ?

Guillaume

Redacteur en Chef chez La Sueur
Écrit NBA, Football, NFL, MMA, sport en général et culture.
Photo By: Mac Miller

Leave A Comment

Your email address will not be published.