Alerte mesdames et messieurs, un nouveau membre de la NextGen vient de débarquer sur vos écrans. On a connu les débuts poussifs de Coric, la progression fulgurante d’Alexander Zverev, voici maintenant l’explosion du Canadien de 18 ans, Denis Shapovalov.

C’était jeudi soir. Rafael Nadal rentrait dans le Stade Uniprix pour affronter Denis Shapovalov au Masters 1000 de Montréal. Sur le papier, rien d’inquiétant : Denis est invité par le tournoi, car son classement (143ème) ne lui permet pas de disputer la compétition. Un tirage favorable pour le Majorquin, de quoi peut être se rassurer avant son quart de finale synonyme de 1ère place mondiale s’il venait à l’emporter. Mais il n’y aura pas de quart et donc pas de première place mondiale pour Rafael Nadal, car Denis Shapovalov a renversé Rafael Nadal (et le Stade Uniprix) pour aller chercher la plus belle victoire de sa carrière. 115 points remportés à 106 pour Nadal mais une défaite tout de même : 3/6 6/4 7/6. Une défaillance rare dans le tie-break du 3ème set vient de lui coûter la première place mondiale qui lui manque tant et qu’il ne reverra peut-être jamais… Mais c’est une autre histoire. Revenons-en à nos moutons. Enfin, à notre mouton.

Denis Shapovalov. Son nom vous dit peut-être quelque chose. Mais si mais si, le jeune Canadien avait déjà fait un léger buzz lors de sa défaite en Coupe Davis face à la Grande-Bretagne. Plus que vexé par la perte d’un jeu, le jeune Canadien balance toute sa rage dans une balle qu’il frappe de toutes ses forces avec sa raquette. Mauvais timing, la balle finit dans la tête de l’arbitre français de la rencontre. Les images avaient fait le tour des réseaux sociaux tant elles étaient impressionnantes.

https://www.youtube.com/watch?v=hbYoB5sdWo4

On le concède : c’est une bien mauvaise habitude de rabâcher cela lorsque l’on doit parler de Denis Shapovalov. Parce que, cette fois, le Canadien donne de bonnes raisons de parler de lui. Sa victoire en trois sets face à Dutra Silva au premier tour de ce Masters 1000 de Montréal était passé outre les radars des amateurs de tennis tant celle-ci semblait anecdotique malgré le sauvetage de 4 balles de match. Mais une première alerte sur nos écrans de contrôle est apparue : Shapovalov venait de battre Juan Martin Del Potro, pas le dernier des pignoufs sur un court de tennis. C’était au second tour, et cette victoire présageait une rencontre face à Rafael Nadal, un de ses modèles, au troisième tour. La suite, vous la connaissez.

On en était donc là : Denis Shapovalov, 18 ans, a tapé Juan Martin Del Potro et Rafael Nadal dans un même Masters 1000. Ok… Hype is real. Mais il fallait confirmer face à Adrian Mannarino, et ce n’était pas gagné. Cette phrase peut faire sourire, c’est vrai, mais si l’on sort cette rencontre de tout contexte, un match entre le 42ème mondial et le 143ème mondial tourne souvent à l’avantage du 42ème. Et même si l’on encre un contexte au tout, ça paraissait compliqué : Mannarino est en forme, il a battu Medvedev, Chung et Milos Raonic (à domicile) au tour précédent. Personnellement, j’aurais mis tout mon argent sur la victoire d’Adrian Mannarino si j’avais des couilles tant il est compliqué de confirmer après une victoire aussi énorme dans une ambiance aussi énorme et avec une hype qui monte au plafond si rapidement. Et le tout à 18 piges. Mais décidément, Denis Shapovalov n’en a rien à foutre. Il poutre Adrian Mannarino en trois sets après avoir perdu le premier, comme face à Nadal. Le tout en balançant des hot-shots d’une grâce absolue. Jugez par vous-même.

Mais il fallait bien que la romance s’arrête. Et le briseur de rêve canadien est quasiment aussi jeune que Shapovalov. C’est encore et toujours d’Alexander Zverev dont on parle, lui qui n’en finit pas d’écrire une belle histoire avec les Masters 1000 cette année. Une demie maîtrisée pour Zverev qui a profité du manque d’agressivité et de lucidité de Shapovalov sur certaines frappes. Un léger déficit qui prend une ampleur énorme quand on affronte un membre du Top 10. Le combat était un plaisir tant les jeux des deux joueurs sont agréables et tant le public était bouillant. Regardez à partir de la neuvième minute de la vidéo ci-dessous : c’est dans des ambiances comme cela que devrait se dérouler chaque match. Le tout dans le respect et le fair-play le plus total. Une accolade et des mots chaleureux, le public applaudit Zverev qui pointe son adversaire du doigt avant de le féliciter dans l’interview d’après-match. C’est beau le sport quand c’est comme ça, hein ?

https://www.youtube.com/watch?v=mH6B5iBK_QM

Demi-finaliste pour sa deuxième participation à un Masters 1000, vainqueur d’un Rafael Nadal en mission et plus jeune joueur à atteindre une demie en Masters 1000. Voilà de quoi se rappeler de Denis Shapovalov, même s’il ne confirme pas immédiatement pas après ce tournoi de Montréal. Mais quelle hype, on a envie de le voir jouer avec ses coups de gauchers, son revers à une main, sa gueule de minot et ses cheveux aux vents. En tout cas, on croise les doigts pour le revoir vite, peut-être à l’US Open ? En tout cas, plus que jamais, affaire à suivre.

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  1. Preview Open d’Australie - pourquoi les Français vont se faire démonter ?

    […] génération du tennis. Si Shapovalov est un peu plus connu aux yeux du grand public après son magnifique parcours à Montreal, demandez des nouvelles de Tsitsipas à Richard Gasquet, il saura quoi vous dire… Si Tsonga […]

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  2. Tsonga vs. Shapovalov - chef d'oeuvre au bout de la nuit

    […] Août 2017, le grand public découvrait Denis Shapovalov, un Canadien de 18 piges capable de marcher sur Nadal à Montreal. Un mois plus tard, à l’US Open, Shapovalov terrassait Jo-Wilfried Tsonga au second tour en trois sets. L’histoire se réitère en Australie pour les deux hommes : un second tour, en trois sets gagnants, sur dur. De quoi flipper un peu pour Tsonga tant Shapovalov semblait maîtriser le jeu de français. Logique après tout. Petit point tactique : Shapovalov est gaucher. Dans sa diagonale de coup droit, qu’il maîtrise parfaitement tant son geste est ample, le Canadien joue directement sur le revers du français, vrai gouffre tactique pour Tsonga. Shapovalov peut jouer sur cette filière tout le match et c’est mort pour Tsonga. […]

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