Diego Schwartzman

Opposé à Rafael Nadal, Diego Schwartzman a réalisé un exploit. Non, il n’a pas gagné le match, mais l’Argentin aura tout de même réussi à prendre un set au roi de la terre-battue, et c’est déjà très bien.

Il y a tout juste un mois de cela, Diego Schwartzman nous cassait les couilles. Son début de saison était parfait : huitièmes à l’Open d’Australie, quart à Buenos Aires (ATP250) et victoire à Rio (ATP500) en battant Verdasco, Monfils ou encore Jarry, bien en jambes à cette époque. Et là, le drame : au moment de venir sur la terre-battue européenne, Diego Schwartzman pète un plomb et perd 5 matchs en 9 rencontres. Faut voir la gueule des défaites aussi. Richard Gasquet : 6/2 6/1. Stefanos Tsistsipas : 6/2 6/1.  Maximilian Marterer : 6/4 6/2. Benoit Paire : 2/6 6/4 6/2. Et puis Rafa Nadal : 6/3 6/4, mais ça, on pardonne. Pour résumer, on attendait un très grand Diego Schwartzman sur la terre-battue européenne tant ce garçon a du talent, et il a finalement tout fait foirer en nous proposant un tennis moyen et peu explosif.

Pourtant, il est explosif. C’est d’ailleurs sa principale arme. À 1m70, Schwartzman est le plus petit membre du Top 100. Pour compenser, il faut donc savoir être partout, sur chaque balle. Et Diego Schwartzman n’y manque pas : il est partout, SUR CHAQUE BALLE. Il faut traverser le court en largeur en 3 secondes et envoyer un coup droit de dingue long de ligne ? Pas de soucis. Il faut aller chercher une amortie au ras du filet alors que t’es deux mètres derrière ta ligne de fond : ça peut se faire. Il faut aller taper une balle à 15 mètres du sol parce que cet enfoiré d’adversaire lifte sa balle comme un enculé, PAS DE PROBLEME MON GARS ! Vous l’aurez compris, Diego Schwartzman nous a hypé de ouf.

On ne peut pas dire qu’on avait vu venir l’Argentin de loin. Avec sa préparation plus que moyenne et un tirage discret, Schwartzman était loin d’attirer l’attention à Paris. Au premier tour, il a tout de même écœuré notre français Calvin Emery (#130, 6/1 6/3 6/1) avant de continuer tranquillement son parcours face à Pavlasek (#185, 6/1 6/3 6/1). Son premier vrai test arrivait donc au 3ème tour, où il retrouvait Borna Coric (#40), auteur d’un début de saison de feu et loin d’être une chèvre sur terre-battue. Dans un match que l’on voyait durer au moins 4 jours, l’argentin a éteint le croate en trois sets. Dès lors, on le savait : Diego Schwartzman allait être le poil à gratter de ce tournoi masculin.

Pleins de certitudes, nous nous sommes donc totalement dévoués à Diego Schwartzman. Mais là, coup dur pour la team La Sueur, en allumant notre télé, on remarque que notre Argentin est en train de se faire poutrer par un autre poil à gratter répondant au doux nom de Kevin Anderson. 2 sets à 0 et le grand sud-africain est au service à 5/3 pour conclure ce match. La panique nous prend, mais c’est de courte durée. Schwartzman finit par totalement retourner le set (7/5) puis le match (1/6 2/6 7/5 7/6 6/2) pour atterrir en quarts de finale, où le King l’attend.

Le duel Rafael Nadal – Diego Schwartzman penche légèrement pour l’espagnol. Juste légèrement, juste 5-0. En 5 confrontations, l’Argentin n’a pris qu’un set à l’espagnol. C’est d’ailleurs tout récent : les deux hommes se sont rencontrés en huitièmes de finale à l’Open d’Australie 2018. La mobylette d’1m70 avait posé quelques soucis à Rafael Nadal, notamment grâce à sa couverture de terrain fantastique et son habilité à envoyer des souches en bout de courses venues de nulle part. Quelques jours plus tard, Nadal explosait physiquement face à Marin Cilic.

Le Schwartzman-Nadal en quarts de ce Roland Garros 2018 était le vrai premier gros test de Rafa sur la terre-battue parisienne (coucou Richard Gasquet, comment ça va ?). D’entrée de jeu, Schwartzman a illuminé le court Philippe Chatrier. Pour la première fois depuis des années, Rafael Nadal semblait dépassé par la vitesse de jeu de Schwartzman, qui ne cessait de monter en puissance. Faisons simple : le premier set de ce match est une mixtape entière dédiée à Diego Schwartzman. L’Argentin était tout simplement trop rapide, trop puissant, trop agile. Pour nous téléspectateurs, cela nous paraissait normal de mettre un coup gagnant à Rafael Nadal sur un coup droit décroisé à trois mètres du sol. Genre « ouais, tranquille, frapper une balle en l’air et mettre Nadal à la rue, ouais ! ». En cabine, Lionel Chamoulaud amorçait même sa PLS, c’est vous dire ! Puis, les dieux ont parlé.

À 6/4 3/2, break pour l’Argentin, la pluie s’est abattue une première fois sur Paris. C’était trop pour Schwartzman qui, comme Zverev a Rome, n’a pas su maintenir Nadal la tête sous l’eau au retour des vestiaires. Nadal a ensuite déroulé face à un Schwartzman tendu avant de re-rentrer aux vestiaires définitivement pour la journée à quasiment un set partout. Le lendemain, quand il a fallu reprendre les hostilités, Rafael Nadal était redevenu le King, imperturbable, dominant, dictant le rythme, imprenable. Qui sait ce qui se serait passé si la pluie n’était pas venue interrompre la partie ? L’Argentin aurait-il continué de rouler sur Nadal ? L’espagnol aurait-il trouvé la solution ? Peu importe aujourd’hui. Tout ce que l’on sait, c’est que Schwartzman a su montrer l’étendue de son talent à l’ensemble de la planète tennis. Et c’était beau, bien beau.

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