Interview de LeMarquis : « La prochaine étape, c’est préparer un live »

Notre interview de l’artiste français LeMarquis pour la sortie de son EP Mindtrick

Ses remixes de Stand Up ou Last night a DJ saved my life ont fait le tour de la planète Youtube et Soundcloud : LeMarquis revient cette fois avec un nouvel EP intitulé Mindtrick. Quelques jours après la release party (recap ici), il vient nous parler également de signature sonore, d’international ou encore de son avenir. Rencontre avec l’un des artistes français les plus talentueux de sa génération.

Pour les gens qui ne te connaîtraient pas encore, qui est LeMarquis ?
LeMarquis, c’est Théo, je viens de Nîmes, j’habite à Paris et ça fait à peu près deux ans et demi que j’ai sérieusement lancé le projet. J’ai commencé avec des remixes, et je viens de sortir mon premier EP qui s’appelle Mindtrick le 17 juin. Sinon, je suis musicien, je joue de la guitare, qui reste le premier instrument avec lequel j’ai commencé la musique, puis un peu de basse. Je chante également donc j’ai chanté sur l’EP.

On entend souvent ton nom associé à Discothrill, peux-tu nous expliquer ce que c’est?
Alors Discothrill c’est un collectif avec lequel j’ai commencé en fait. Aux débuts de Soundcloud, je sortais des chansons puis j’ai rencontré la personne qui gère Discothrill, et qui à l’époque, cherchait des gens pour faire une compilation. Je lui ai envoyé un titre et il m’a mis sur la compilation. Comme on était dans le même délire de sons et qu’on s’entendait bien, on a travaillé ensemble. Puis j’ai rencontré d’autres gars qui sont rentrés dans le collectif (ndlr – Kource, DiscoRazor, Alvy etc…) et on a fait des dates ensemble. Donc, Discothrill a commencé comme une chaîne Youtube, pour devenir aujourd’hui un collectif.

Tu viens de sortir ton premier véritable EP d’originaux sous Nowadays Records, Mindtrick. Peux-tu nous parler de ce projet qui vient de voir le jour en termes de thèmes/concepts ?
Au niveau concept, je ne sais pas s’il y a vraiment une ligne directrice dans l’EP, mais en termes d’inspirations, c’est ce que j’écoute un peu en général, Disclosure, Kaytranada, Mura Masa etc… Je voulais également mettre en avant la guitare et changer des remixes que je fais d’habitude, donc j’ai fait des morceaux avec des tempos un peu plus pop.      Il y a un seul morceau qui est un peu « club », mais sinon, le reste, c’est surtout des trucs que l’on peut écouter chez soi.

Tu es l’un des rares artistes de la scène française électro à produire tes propres morceaux, mais également à prendre le micro, le chant ça a toujours été quelque chose que tu as voulu partager ?
Quand j’ai commencé la guitare, je jouais les morceaux et j’essayais de chanter. Après, je n’ai jamais vraiment pris de cours de chant, mais c’était plus simple pour moi de chanter sur l’EP, j’avais déjà des idées de mélodie donc j’ai posé dessus. Puis c’est aussi parce que dans l’idéal, j’aimerais bien faire un live et continuer à faire des collaborations.

Dans cet EP, tu chantes en anglais. De quoi parles-tu exactement dans tes morceaux, en termes de contenu lyrical ?
(Rires) Ça parle souvent de filles en fait. Quand j’essaye de trouver des mélodies, je fais un peu de yaourt et y a des mots ou des thèmes qui viennent naturellement. Après, je développe le truc et ça fait le morceau. Mais je ne me pose pas de questions, c’est vraiment sur le moment. Ensuite, l’EP ne parle pas forcément de filles, mais de relations entre deux personnes de manière générale.

Et le titre Mindtrick… ?
Oui, justement, c’est parce que c’est un peu des relations (…), des gens qui se prennent un peu la tête etc…

Comment définirais-tu donc le son LeMarquis ?
(Il réfléchit). C’est dur, je ne sais pas si j’ai vraiment une identité, même si j’ai un style qui revient souvent avec les synthés, la batterie, la structure etc… Dans l’EP, le style c’est guitare+voix (…) Je ne me rends pas vraiment compte en fait, ce n’est pas moi qui vais imposer donc je laisse les gens juger. On entend les influences bien sûr, je m’inspire de beaucoup de choses, mais je n’ai pas vraiment de nom de style à donner.

Une spéciale pour les musiciens, quel est le matos que tu utilises actuellement pour tes morceaux ?
Bonne question ! Rare. En fait, j’ai commencé sur Garage Band, et aujourd’hui, je bosse sur Logic Pro 9. J’utilise beaucoup les synthés de base inclus dedans. Ma carte son, c’est une FocusRite et les enceintes c’est KRK. Au niveau des instruments, ma guitare, c’est une Fender Stratocaster.  

Tu as une formation en audiovisuel d’ailleurs…?
Oui ! Ça m’a beaucoup aidé d’ailleurs. En fait, j’étais en train d’apprendre à devenir ingénieur du son quand j’ai commencé à m’intéresser à SoundCloud. En cours, j’apprenais les techniques de base et en même temps, j’apprenais de mon côté d’autres choses, plus du côté producteur. Puis j’ai mélangé les deux.

Tu joues dans les plus grands clubs parisiens (Faust, Wanderlust…), et tu viens récemment de conclure un mini-tour en Asie. Comment ta musique est-elle aujourd’hui perçue à l’étranger?
Oui, j’ai fait trois dates là-bas, c’était la première fois que j’y allais et c’était une très bonne expérience, très bonnes réactions du public, certaines personnes reconnaissaient mes sons (…) Et du coup, j’y retourne fin août !        

On t’a vu également à l’affiche d’évènements organisés par des chaînes Youtube comme Majestic, TheSoundYouNeed…
Majestic, ça faisait longtemps que je suivais, puis ils ont posté mes sons, originaux puis remixes. Comme ils m’ont uploadé plusieurs fois, ils m’ont booké pour le Palais de Tokyo. Pour le festival TheSoundYouNeed (en 2015), on m’a booké également dessus parce que je correspondais au lineup.

Bruise, un des premiers sons de LeMarquis sur Majestic

Ton coup de cœur du moment dans les sorties récentes ?
J’écoute beaucoup de choses différentes. Le premier album de Kaytranada fait évidemment partie de mes coups de cœur, on l’attendait depuis longtemps et il n’a pas déçu. Sinon, il y a le nouveau projet de Fhin qui vient de sortir aussi.

Quelles sont les choses que tu préfères le plus dans ta vie actuelle d’artiste ?
Moi c’est vraiment faire de la musique en priorité parce que c’est ce dont j’ai toujours rêvé et j’ai la chance de faire cela. Après, les DJ sets c’est super, ça m’a permis d’aller en Asie, jamais je n’aurais imaginé partir là-bas grâce à la musique, je n’ai pas à me plaindre. Sinon, faire de la musique avec des gens, collaborer et partager des idées, c’est cool aussi. C’est vraiment que du positif. La prochaine étape, c’est préparer un live mais c’est en cours.

Quel a été le moment le plus mémorable de ta carrière jusqu’à présent ?
Une de mes premières soirées où j’ai joué , c’était au Showcase avec DJ Falcon et Todd Edwards, une soirée Kitsuné. J’ai joué puis je suis allé en backstage et il y avait Daft Punk ! Et c’est marrant parce que c’était une des premières soirées que j’ai faites sur Paris, j’avais 20 ans et pour moi, c’était encore plus incroyable. C’était une bonne surprise.

Avec qui rêverais-tu de collaborer dans le futur ?
Le rêve absolu, ce serait avec Paul McCartney des Beatles, groupe qui reste un des premiers que j’ai écouté. Sinon, niveau production, avec Pharrell, même pas pour collaborer, mais aller en studio avec lui et apprendre. Il y a des artistes que je respecte tellement que je n’oserais même pas collaborer avec eux, ce serait plus pour apprendre. Après sinon, niveau chanteurs… Justin Timberlake ? Ça serait pas mal !

Quels sont tes prochains projets ?
Je prends le temps qu’il faut pour bosser un live déjà. Ensuite, à l’avenir, j’aimerais produire des sons pour d’autres artistes pour m’ouvrir un peu. Sinon, de mon côté oui, ça serait de continuer à sortir de la musique, bosser davantage sur les originaux/singles, pourquoi pas un 2e EP ? Je n’ai pas envie d’être un artiste qui remixe, mais je voudrais maintenant passer à l’étape supérieure. C’est dur, je n’ai pas Ashanti en studio pour composer (rires), mais bon, faut bosser, faut apprendre.

Merci LeMarquis et très bonne continuation.

Propos recueillis par Setry 

Photo By: laureneberchoteau.com

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