Road To Roland Garros Semaine 5: On a tous failli parler allemand à Rome

Chaque semaine, La Sueur vous dresse deux classements sur les joueurs susceptibles de s’imposer à ou de créer des surprises à Roland Garros. Cette semaine, le Masters 1000 de Rome a brouillé nos certitudes, et honnêtement, ça fait du bien.

TOP 5 « ILS NOUS ONT FAIT KIFFER »

Numéro 5, Benoit Paire : Honnêtement, on n’avait personne d’autre à mettre à la cinquième place, autant être un peu chauvin. Benoit Paire progresse tournoi après tournoi. Les résultats sont loin d’être bons, et le troisième tour atteint cette semaine à Rome sera donc sa meilleure performance sur cette période de préparation à Roland Garros. Sa défaite la semaine dernière à Madrid face à Shapovalov semble avoir fait du bien dans la cabeza de Paire qui a battu Gasquet (touché à la hanche) et Schwartzman dans un match renversant. Satisfait, le français prend une semaine de repos avant d’entamer Roland Garros.

Numéro 4, Denis Shapovalov : Sa semaine à Rome n’est pas aussi bonne qu’à Madrid, mais le tout reste quand même très prometteur. Le Canadien a aussi eu le malheur de tomber au troisième tour sur Rafael Nadal, contre qui il a pris la foudre. Sans ça, on aurait pu parier sur un nouveau beau parcours pour Denis Shapovalov. Malgré tout, il aura réussi la petite performance de battre Tomas Berdych (n°18) au premier tour. Surtout, sa semaine à Rome le propulse à la 26ème place mondiale. Et a à peine 19 piges c’est pas mal.

Numéro 3, Kyle Edmund : Lui aussi continue d’enchaîner les bonnes perfs’. Après un sacré quart de finale à Madrid, Kyle Edmund a atteint le troisième tour à Rome en battant Jaziri (n°63), toujours chiant à jouer sur terre battue, puis Lucas Pouille (n°16). Son tournoi s’est arrêté à cause d’Alexander Zverev qui l’a battu en deux sets serrés (7/5 7/6). Rien de sensationnel, mais un niveau de jeu global élevé, et on apprécie.

Numéro 2, Fabio Fognini : Fabio Fognini à Rome, c’est quuuuuuue du kiff. Cette année, la perf’ du tournoi, elle est pour lui. Après avoir explosé Monfils au premier tour (6/3 6/1), Fognini s’est offert Dominic Thiem sur le Center Court du Foro Italico dans un match zinzin sur le court et dans les tribunes. Cette performance-là justifie à elle seule la deuxième place de notre classement à Fognini. Le bonus est qu’en plus, l’italien a pris un set à Nadal en quart de finale avant de se faire remonter. Bravo Monsieur Fognini, c’était un plaisir. 

Numéro 1, Novak Djokovic : On avait très envie de le mettre dans le Top 5 de ceux qui pouvaient gagner Roland Garros, mais il y a encore trop d’incertitudes sur le niveau réel de Novak Djokovic. Tantôt sans envie, tantôt Lion en cage, Novak Djokovic est… déroutant. Cette semaine à Rome, on avait plutôt le côté lion en cage qui a fait de lui le joueur qu’il était il y a quelques années. Même si son début de tournoi a été plutôt tranquille (Dolgopolov (n°54) – de retour –, Basilashvili (n°65) et Ramos-Vinolas (n°36)), Djoko a livré une prestation plus que convaincante face à Kei Nishikori (2/6 6/1 6/3) en quart de finale. De retour en demie d’un Masters 1000 après un an d’errance à ce niveau-là, il n’a tout de même pas pu franchir l’obstacle Rafael Nadal, à juste titre. Cette demie là fait du bien et nous donne l’espoir de revoir le Djoko hargneux que l’on aimait tant à Roland Garros.

TOP 5 « ILS PEUVENT GAGNER ROLAND GARROS »

Numéro 5, Kei Nishikori  (-1) : Un quart de finale à Rome pour finir une saison sur terre battue réglée sur courant alternatif. Le tirage n’avait pourtant pas été clément pour Kei qui a dû se farcir Feliciano Lopez, Grigor Dimitrov, Philipp Kohlschreiber et enfin Novak Djokovic. On l’a déjà évoqué, il a chuté face à Djoko (on vous a même montré le meilleur moment du match). OK, mais les trois matchs avant, il fallait les jouer ! Si les performances sont bonnes, on a tout de même quelques doutes sur la capacité qu’a Kei à maintenir ses adversaires en danger sur un match en trois sets gagnants : son service reste encore défaillant.

Numéro 4, Marin Cilic (in) : Son service à lui va bien, merci de demander. Après une petite blessure et une erreur de parcours à Istanbul, Marin Cilic s’est bien rattrapé à Rome en atteignant la demie, sa première sur terre battue en Masters 1000. Harrison, Paire et Carreno Busta n’ont rien pu faire face à la puissance du croate. Seul Alexander Zverev a su le stopper dans un match tendu (7/6 7/5). OK, Marin Cilic est quatrième de notre classement, car capable de bien des choses sur un format en trois sets gagnants, mais il est encore tellement loin du trio de tête…

Numéro 3, Dominic Thiem (-1) : Il fallait bien que ça arrive un jour, Dominic Thiem a lâché sa deuxième place au classement au profit d’Alexander Zverev, mais on verra ça plus tard. Après voir fait chuter le King la semaine dernière, Thiem se rend à Rome la semaine dernière avec la possibilité qu’il puisse y affronter Fabio Fognini sur le Center Court du Foro Italico. Disons-le clairement, cette perspective n’est pas hyper réjouissante. Cela ressemble même à un vrai piège. Et Thiem s’est fait piéger sévère par Fognini au deuxième tour du tournoi. Après un premier set maîtrisé, il s’est fait totalement balayer mentalement dans les deux sets suivants. Il va falloir souffler un bon coup avant Roland…

Numéro 2, Alexander Zverev (+1) : On le voyait venir de très très loin. Alexander Zverev enlève la seconde place de notre classement à Dominic Thiem. La semaine dernière déjà, on n’était pas loin de le mettre second. Il faut dire que son sacre à Madrid était impressionnant. Mais là, à Rome, l’allemand nous a bluffés. Ses stats sur cette saison de terre battue sont stratosphériques voire Nadalesques : 16 victoires et 2 défaites en quatre tournois. 16 VICTOIRES ET 2 DÉFAITES, sans parler du tournoi de Madrid dans la popoche sans lâcher le moindre set ! Seul un Nishikori en feu à Monte-Carlo et un Rafael Nadal un peu chanceux ont eu l’occasion de battre Alexander Zverev. Vous l’aurez compris, à Rome, Zverev a atteint la finale en effaçant Berrettini, Edmund, Goffin et Cilic avant de s’incliner face à Rafa. Cette défaite, parlons-en. Alors qu’il menait 3-1 dans le troisième et dernier set, la pluie a fait son apparition à Rome et a contraint les deux hommes à rentrer au vestiaire. Lors de la reprise, Nadal s’était remis dans de meilleures conditions et n’a laissé aucune chance à Zverev, un peu dépassé. Sans cette interruption, qui peut affirmer que Rafa Nadal aurait pu renverser la vapeur ? Pas grand monde. Soyons honnêtes, sans la pluie, Alexander Zverev aurait battu Rafael Nadal et notre monde aurait été chamboulé. CHAM-BOU-LÉ VOUS DIS-JE !

Numéro 1, Rafael Nadal (-) : Là où cette Course vers Roland Garros devient intéressante, c’est que Rafael Nadal n’est plus aussi dominateur qu’il ne l’était au début. À Rome, Nadal a perdu deux sets (face à Fognini et Zverev) soit autant que sur les tournois de Monte-Carlo, Barcelone et Madrid réunis. Avant de soulever son huitième trophée à Rome, Rafael Nadal a dû s’employer. Bon, peut être pas lors deux premiers tours face à Dzumhur et Shapovalov qui ont été expédiés, mais ces batailles face à Fognini, Djokovic et donc Zverev ont été plus disputés que prévues. Si la victoire de Nadal à Paris semblait évidente hier, grâce aux performances de Thiem à Madrid ou encore Zverev à Rome, les certitudes sont aujourd’hui moins fortes. Et tant mieux pour le suspens !

Le trio de tête est à des années lumières des Cilic, Nishikori, Djokovic et autres. La victoire à Paris devrait se jouer entre ces trois hommes. Gros avantage pour Rafael Nadal tout de même. Thiem doit rebondir après son échec à Rome, et Zverev va devoir apprendre à gérer un tournoi en trois sets gagnants. Tout un programme.

 

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Photo By: ATP

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