Interview Moundir – Rencontre avec un passionné


À Dublin, lors du Winamax Poker Open, nous avons eu le plaisir d’interviewer Moundir. Aujourd’hui animateur, l’ex-candidat de Koh-Lanta, fan de NBA réalise tout le chemin parcouru depuis 2003 et ses débuts à la télévision.
Alors Moundir, starting from
the bottom now you’re here ?
Moundir – Hahahahhaha yes ! Depuis 2003, que de
chemin parcouru.
Tu t’imaginais tout ça en
2003 quand tu participais à Koh-Lanta ?
Moundir – Pour répondre sincèrement à ta question
non. Quand j’ai fait ma première aventure Koh-Lanta, je n’ai pas
fait cette émission en me disant : « est-ce que je
vais durer ? ». On a fait cette émission avec
insouciance d’être des gens lambda qui font une aventure sans
attendre des retombées médiatiques. J’ai un métier que je fais
toujours aujourd’hui. Donc oui, que de chemin parcouru depuis 16
ans, mais mon chemin s’est tracé avec le temps.
Pour toi, finalement la
télé-réalité est plutôt un moyen qu’une fin ?
Tu sais, quand tu es né dans une base solide, il est très important
de la structurer et de la fortifier. C’est ce qui me permet d’être
là aujourd’hui notamment à travers l’éducation que j’ai reçu. Je
suis d’une famille de 6 frères, on sait ce qu’est l’entraide
et qu’il ne fallait pas déconner. Tout cela m’a servi à ne pas me
mélanger dans la vie ou en télé. Aujourd’hui la télé-réalité, et je
sais de quoi je parle, il y a tout et n’importe quoi. Tout le monde
veut faire tout et n’importe quoi juste pour exister. Je ne fais
pas partie des gens qui ont choisi ça. Quand on fait de la TV, il
ne faut pas retirer ce noyau dur que l’on a : le travail,
l’éducation et ce qu’on représente dans la vie. Personnellement,
c’est ce qui m’a toujours fait marcher. C’est pour ça que je
n’étais pas un candidat formaté, parfois brut de décoffrage. C’est
ce qui a fait ce personnage monté du mec qui gueule et qui ne sait
pas parler… C’est le prix à payer.
Le fameux personnage…
Finalement ça a
fonctionné…
Oui ça a marché, dans mon parcours j’ai
rencontré des gens et j’ai su bien m’entourer. Je savais ce que je
voulais et ce que je ne voulais pas. On dit souvent que dans la
vie, ceux qui endurent et qui patientent sont toujours récompensés.
Dans le travail bien sûr, c’est important de le dire.
En tant que préparateur
physique, est-ce que tu essayes de transmettre ton hygiène de vie
de vie aux autres candidats ?
Quand tu leur expliques certaines choses, certains sont les stars
de leur programme. C’est quand ils sont dans la merde qu’ils se
disent « si seulement je l’avais écouté ». Je donne des
conseils, mais uniquement à ceux qui me demandent. On dit souvent
que ceux qui échouent dans la vie sont ceux qui se sont investis.
Finalement ce sont ces gens-là qui réussissent.
Et comment tu expliques le
fait que les gens te suivent toujours autant ?
Quand j’ai commencé la télé-réalité, on était précurseur. Il n’y
avait que 6 chaînes en France, pas de TNT et pas internet non plus.
Les gens qui m’ont vu évoluer continuent à me suivre aujourd’hui.
C’est un côté, relation de la France plurielle, de ce que je
représente. Je suis enfant de parents immigrés et c’est vrai qu’il
y a des gens qui se reconnaissent en moi. Aujourd’hui, ça manque de
naturel et il y a des personnes qui ne reconnaissent pas dans les
candidats ou les émissions. Je crie quand je dois crier, je pleure
quand je dois pleurer. C’est cette bonhomie que les gens veulent
voir aujourd’hui. De candidat à animateur, le personnage a
évolué.
Justement, comment vois-tu
ton avenir et quel est ton « dream job »
?
J’ai mon métier de base, préparateur physique, donc
quoiqu’il arrive ça ne changera rien dans ma vie. J’ai un parcours,
ça va faire un peu Alain Delon si je parle comme ça… Je suis passé
de candidat à animateur. Aujourd’hui je n’ai rien à prouver
aux autres, c’est à moi qu’il faut que je prouve. Quel est mon
rêve ? Moi, je ne rêve plus depuis longtemps. Depuis que j’ai
ma fille, je ne rêve plus que pour elle. Aujourd’hui je suis
animateur, je veux continuer là-dessus, j’aimerai aussi faire de la
fiction, mais je n’ai pas de rêve absolu. C’est top ce qui
m’arrive. Sur les 3000 candidats de télé-réalité, c’est un peu près
2800 qui voudrait mon parcours. Je n’ai pas à me plaindre, je fais
ce que j’aime et je suis mon propre patron.
Quand je te parlais de
rêve, c’est parce qu’on sait que tu es fan de basket. Par exemple,
l’année prochaine, tu sera commentateur pour les NBA Finals
2017 : Knicks-Warriors, dans un Madison Square Garden en
feu ?
Alors là si tu me dis ça, j’accouche tout
de suite même par césarienne. Bien sûr que ce serait un rêve. Tu me
dis Knicks-Warriors, moi je te dis plutôt Knicks-Spurs. Ce serait
le top ! Ne serait-ce que d’interviewer Kevin Seraphin à
Indiana. Aujourd’hui c’est RMC pour le poker à la radio qui va être
une expérience exceptionnelle pour moi, mais bien sûr que j’aimerai
suivre les playoffs. Une interview en face à face avec un joueur
serait super.
Quel est ton favori pour la
prochaine saison ?
Je vais rester un peu chauvin
mais je mise tout sur les San Antonio Spurs. Ils viennent de
prendre Pau Gasol pour remplacer Tim Duncan. J’aime quand la balle
tourne, il y a un vrai jeu d’équipe et c’est posé, structuré. Ça
change des équipes qui tournent juste autour de trois joueurs. Tu
prends le cas de Golden State, si Curry ne va très bien, c’est
foutu. Avec Kevin Durant, un gars comme Klay Thompson, quelle place
il va avoir ? Associer Kevin Durant avec Thompson, je me
demande si ça va marcher.
Pour New York, j’espère que ça va marcher même si j’ai des gros doutes autour de Derrick Rose. Le mec a quand même un genou pourri malgré son niveau. Ça va être intéressant de voir si Cleveland arrive à faire un back-to-back.
Tu regardes les matchs du
coup ?
J’ai NBA TV sur ma tablette. Je fume pas, je bois pas donc je peux
me permettre de prendre un abonnement. Et puis comme ça je n’embête
pas ma femme et moi je suis tranquille, tout seul. Je suis un vrai
fan.
Tout ce côté américain
qu’on retrouve chez toi dans ton style et ta passion pour la NBA,
tu n’as jamais pensé à partir vivre là-bas ?
La
première fois j’avais fait un stage de basket à Syracuse. À
l’époque, la star numéro 1 à l’Université c’était John Wallace.
Malheureusement pour lui, il n’a pas fait long feu en NBA. On peut
dire qu’il s’est carrément foiré en NBA. À l’époque, j’avais fait
un stage de 2 mois et demi. J’ai eu une chance de décrocher une
place à Florida State. J’ai dû retourner en France pour des soucis
familiaux, mais c’était mon rêve d’évoluer aux États-Unis. Après il
y a une réalité, mais ça m’a permis d’évoluer à un très bon niveau
en France.
J’adorais aller aux Outlets là-bas, j’avais l’impression d’aller aux puces. Et puis, j’adore cette société de consommation, mais il y a un côté insupportable aux US. La mentalité « marche ou crève », je ne suis pas fan. Il y a beaucoup de Français qui partent aux États-Unis et très très peu y arrivent. Ceux qui réussissent, ils finissent par revenir. La France reste notre pays et il y a des choses ici qu’on ne retrouvera jamais ailleurs. On aime les ricains quand on paye nos impôts et ça, c’est complètement différent. Combien de mecs m’ont dit : « je fais de l’acting aux US ». Ils sont douze dans une chambre, ils galèrent, il mange des chips et du guacamole pour revenir avec une main devant, une main derrière.
À moins d’avoir un excellent salaire et être dans deux conditions nickel pour ma famille, je ne me vois pas y vivre. Je reste en France, je fais mon boulot. Aujourd’hui je vis dans le sud dans un petit village, c’est parfait.

T’as été aux États-Unis avec Winamax, ça t’a pris quand le
poker ?
Ça va être ma quatrième année. Je n’en fais pas comme un pro, mais
je suis un vrai passionné. J’essaye d’apprendre une heure par jour,
mais j’ai encore de grosses lacunes. Aujourd’hui, je suis un
amateur passionné et c’est vrai que jouer au pays du poker c’est
magnifique.
Tu préfères jouer en live
ou en online ?
Alors je joue chez moi en online, mais je préfère en live. C’est
tout un univers, toute une approche où l’on peut mieux décrypter.
En online, ce ne sont que des chiffres, tu ne vois pas la
personne.
Pour le côté live, tu suis
une préparation spécifique ?
Non, je veux surtout bien faire pour Winamax, la marque que je
représente. Je me lève le matin, j’ai mon rituel, je fais mon
sport.
Quel a été ton plus grand
souvenir dans ta carrière médiatique ?
Médiatiquement aucun, dans le perso par contre il y a un super
souvenir. Avec Nicolas, que je considère comme mon frère, je vais
pour la première fois de ma vie je vais aux États-Unis. Je vais
voir Phoenix Suns vs. Miami Heat, à l’époque c’était Alonzo
Mourning, Tim Hardaway, Voshon Lenard et Jamal Mashburn. C’était
exceptionnel, de toute ma vie, je n’ai jamais autant joui. Il
m’avait offert le billet, j’étais comme un gamin. Quand tu voyais
des mecs comme Mourning, Eddie Jones, c’était WOW. J’avais vu
également Miami-Boston avec la star de Boston Antoine Walker,
c’était magnifique.
Kevin Garnett vient de prendre sa retraite,
comme toi il se donnait toujours à fond, un peu
triste ?
Ça été l’un des plus jeunes à arriver en
NBA sans passé par la case université. Tu sais, la NBA ça use.
Quand tu vois les corps qu’ils ont à la fin… Par exemple Alonzo
Mourning qui a fait une ablation de la rate, car ils ne boivent pas
que du lait. Il a eu son titre avec Boston, il est de retour avec
Minnesota, on va lui retirer son maillot et il va aider les jeunes.
On dit souvent que les grands joueurs n’ont jamais fait de grands
entraîneurs, mais ils peuvent apporter leur expérience. D’ailleurs
il y a un rookie qui a signé chez eux, Kris Dunn, très très fort. MVP
de la Summer League, je le vois sur son Insta, je lui souhaite le
meilleur.




















