Medieval Warfares, ou le retour en force du revers de hache dans la pommette

Entendons nous bien, avec tout le respect et l’admiration que nous avons pour les acteurs-cascadeurs du Puy du Fou, la finalité ici n’est pas d’aller sauver une damoiselle dans une tour en contreplaqué en claquant deux-trois saltos pour mettre des étoiles dans les yeux des enfants en sortie scolaire… Les « Medieval Warfares », ou « Béhourd » dans sa dénomination française est bien un sport de combat, full contact, à part entière. Et si les empalements ou décapitations sont proscrits du règlement, reste une discipline bien brutale mais diablement technique et physique!

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Le but d’une joute est simple : mettre les adversaires au sol.

A première vue et après vous avoir vendu un sport moyenâgeux bien hardcore, je comprendrais une pointe de déception. Mais en réalité, après avoir discuté avec un participant qui s’est révélé être une véritable encyclopédie sur la guerre au moyen-âge, c’était exactement la même chose lors de combats réels et pour une raison simple: avec un barda métallique sur le dos pouvant peser jusqu’à 40 kilos et conférant une liberté de mouvement de scaphandrier, se relever sur un champ de bataille est un projet plutôt ambitieux. 10 à 15 secondes sont nécessaires selon notre expert, un peu moins si un collègue vient prêter main forte. Et ce temps interminable est plus que suffisant pour porter le coup de grâce.

Dès lors, dans un combat, il n’est pas rare de voir des énormes projections style rugbyman tongien ou des mises au sol façon MMA, ou plus précisément en comptant les vêtement façon judo. Mais les hommes en armes étant plutôt du genre solides sur leurs appuis, les armes entrent en scène pour attendrir un peu la viande à grands coups de hachoir, les coups étant portés à pleine puissance.

Les armes sont très diverses et sont acceptées tant qu’elles remplissent un certain cahier des charges et qu’elles ne sont pas du type arme de jet ou marteau. Mais bon pour être honnête on ne serait pas surpris d’apprendre que quelque part en Pologne ou en Russie ils se le mettent quand même avec des arbalètes et des marteaux de guerre…

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Le sports se décline en 1 contre 1 (les russes en ont même fait un event sur ring, le « M-1 Medieval »), ou par équipe (parfois en 100 contre 100 dans certaines rencontres des pays de l’Est). Dans les équipes les rôles sont définis, certains sont plus légers et plus mobiles pour déstabiliser par leur vitesse d’exécution, quand d’autres sont plus orientés frappes lourdes pour un dégât maximal.

Très technique donc, et physiquement l’épaisseur de la performance tient à une seule chose, le poids de l’équipement. Pour une protection optimale et une cohérence historique, ils revêtent scrupuleusement les mêmes vêtements et protections qu’au Moyen-Âge, pas d’épaulettes de footballeurs Américains donc. En gros, ça veut dire cottes de mailles d’une dizaine de kilos par dessus la chemise rembourrée, et heaume, épaulettes, plastron, protèges-tibias et toute la ribambelles d’accessoires en métal nécessaires pour revenir le lundi matin au bureau avec vos mains toujours accrochées à vos poignets.

Tout ça pour tenir une combat de 5 ou 10 minutes, ça fait une endurance musculaire et cardiaque qui a intérêt à être sacrément au point! Sans compter que la visibilité dans une armure intégrale équivaut à celle d’une nuit sans lune au fin fond d’une forêt bretonne, ce qui empêche de localiser l’origine de 80% des coups, d’autant plus que la chaleur est accentuée par les différentes couches de textile et métaux recouvrants intégralement votre corps.

Pour ce qui est des blessures on retrouve les dommages inhérents aux sports de full-contact; bleus, entorses et autres fractures. Notre participant, un combattant périgourdin (avec une région orthographiée pareille c’est à croire qu’il était prédestiné), nous avouera quand même que les pertes de connaissances sont nombreuses dans les combats par équipes, et qu’un de ses amis aurait même perdu un oeil au cours d’un combat face à des polonais… Mais ça n’a clairement pas entaché son enthousiasme communicatif à propos du sport et de l’étude des armures moyenâgeuses!

 

 

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