Djokovic, Alex De Minaur, Gilles Simon – Les Awards du Tennis en 2018

2018 est derrière nous et nous tenions à rendre hommage à ceux qui ont animé cette saison. Messieurs, ceci est pour vous !

Il a commencé fort puis il a abusé : Hyeon Chung

Un huitième de finale inquiétant tant dominateur face à Djokovic suivi d’une demie à l’Australian Open, quart à Indian Wells et Miami puis blessure et… plus grand-chose. Si vous avez oublié la performance XXL du Coréen face à Djokovic, on ne saurait que trop vous conseiller de trouver le highlight le plus rapide, ou bien l’article le plus accessible. Un jeu de défense collé à la ligne de fond, jambes de feu, la mixtape est totale et les perspectives d’avenir sont jouissives. Le bilan près d’un an plus tard laisse un goût d’inachevé. Malgré une belle progression au classement en 2018 (58e à 25e), Hyeon Chung nous paraissait destiné à une plus belle saison que cela. Dommage.

Il a commencé claqué, et il a fini fort : Novak Djokovic

Le Serbe a commencé 2018 dans son jardin, à l’Open d’Australie où il est septuple vainqueur. Balayé en trois sets par son double Hyeon Chung dont on vient de parler, Djokovic a connu une première moitié de saison bien galère. Après deux vieux premiers tours à Indian Wells et Miami face à Taro Daniel et Benoit Paire, Novak a même poussé le vice jusqu’à perdre face à un no-name Italien en quart-de-finale à Roland Garros. Visiblement excédé par cette défaite, le Djoker a tout changé et notamment son coach. Exit Boris Becker, exit Andre Agassi et surtout exit le gourou Pepe Ilmaz et enter le coach historique de Djokovic, celui qui sait lui filer la rage, Marian Vajda. Le Slovaque a remis la machine serbe en route et après Roland Garros, ce dernier n’a quasiment rien laissé à la concurrence. Une défaite face à Tsistsipas à Montréal, une défaite en finale face à Karen Khachanov à Paris et un petit cadeau laissé à Alexander Zverev en finale de l’ATP Finals à Londres et c’est tout. Wimbledon ? Dans la poche. US Open ? Dans la poche. Cincinnati et Shangaï ? Dans la poche. Le Djoker s’est même offert une perf’ historique : le Golden Masters. Il est désormais le seul joueur de l’Histoire ayant inscrit tous les Masters 1000 à son palmarès. En bref, après six mois bien sales pour le joueur qu’il est, Novak Djokovic est passé de la 22e à la 1re place mondiale en 2018. Encore une fois, historique.

Il a commencé claqué et a fini claqué : Jack Sock

Présent à l’ATP Finals de 2017, Jack Sock et son coup droit de mammouth étaient destinés à se montrer en 2018. Et bien ça a été le cas. En double. 2018 a été l’année de la révélation pour l’Américain. Après la blessure de Bob Bryan, son frère jumeau Mike cherchait un partenaire de double. C’est ainsi qu’il trouva Sock, probablement le moral dans les Sock-ettes (excellent) au regard de la décrépitude de sa carrière solo. Jack Chaussette a donc fini 2018 à la deuxième place mondiale du classement de double. HOURRA ! Maintenant, regardons sa saison en simple… Le 8e mondial au 1er janvier 2018 sera classé 106e mondial un an plus tard. 30 MATCHS, 9 VICTOIRES. Big-Up au passage à Richard Gasquet qui a réussi à se faire poutrer par un Jack Sock au fond du sceau. Saison noire, ou saison blanche, à vous de choisir : nous on opte plus pour un rouge écarlate qui va à ravir avec un « DANGER » écrit en typo 85.

Il a commencé fort et il a fini fort : Rafael Nadal

L’Espagnol finit deuxième au classement mondial, mais quelle saison… 47 matchs, 4 défaites. Seuls Marin Cilic (abandon, Open d’Australie), Dominic Thiem (Madrid), Novak Djokovic (Wimbledon) et Juan Martin Del Potro (US Open, abandon) ont réussi à vaincre Rafael Nadal cette année. Toujours aussi impérial sur Terre-Battue, impitoyable à Roland Garros, cette saison restera incroyable. Le rouge écarlate est aussi de rigueur pour Rafael Nadal concernant les blessures. On parle énormément d’une retraite de Roger Federer puisque ce dernier se rapproche inéluctablement de l’âge du fauteuil roulant, mais on peut légitimement se poser la question d’une retraite assez rapide pour le Majorquin. Rafael Nadal est tout simplement cassé de partout. Il aurait même confié à son oncle et entraîneur historique qu’il aurait aimé échanger quelques-uns de ses trophées contre moins de douleur quotidienne. Est-ce que les blessures répétées de Rafa lui fileraient pas un petit coup de blues ? Saison magnifique donc, mais ternie par les blessures et les forfaits.

Mention spéciale, cette fois-ci il n’a pas abusé : Dominic Thiem

Vous vous souvenez de la Thiemite ? Mais si, ce virus dont seul Dominic Thiem était la victime et qui flinguait totalement ses fins de saison. En 2017, passé Roland Garros, l’Autrichien totalisait 12 victoires pour 13 défaites, soit 48% de victoires. Un total bien sale pour un joueur aussi talentueux qui totalise un ratio en carrière de 63% de victoires. Cette année, l’Autrichien a vaincu le signe indien est à réussi à nous livrer une fin de saison convenable : on l’a vu en quarts à l’US Open, en demie à Paris et même soulever le trophée à Saint Pétersbourg.

LES JOUEURS DE L’ANNÉE

Le rookie de l’année : Alex De Minaur (19 ans)

Le De’Aaron Fox du tennis. Des cannes, des cannes et toujours des cannes. 209e mondial au 1er janvier 2018, l’Australien a terminé l’exercice 2018 à la 31e position. Véritable pile électrique, Alex De Minaur n’a cessé d’impressionner par sa vitesse de déplacement. De quoi faire chavirer certains vétérans du circuit : les Raonic, Verdasco, Lopez, Johnson, Chung, Murray, Rublev, Tiafoe, Dzumhur, Simon sont tous tombés sous les coups du jeune Australien. Nommé « Newcomer of the Year », quoi de plus logique de le retrouver dans notre classement ?

Le vieillard de l’année : Roger Federer (37 ans)

Là aussi, quoi de plus logique ? À 37 ans, Roger Federer est toujours sur le podium du classement ATP.  Pas de débat possible. On aurait pu parler de Verdasco, toujours aussi en forme physiquement malgré ses 35 ans et les probables 5 heures qu’il passe à la salle par jour. Mais Roger Federer continue de repousser les limites : on le croit cramé, et il revient gagner un Grand Chelem pour se hisser début 2018 à la première place mondiale. Même s’il a toujours un peu plus de mal à rester régulier en fin de saison, Roger Federer semble défier les règles du temps.

Le joueur de l’année : Novak Djokovic

On a déjà parlé du Serbe un peu plus haut, mais on a du rab’. Si le débat entre Rafael Nadal et Novak Djokovic pour le titre de Joueur de l’année est bien là, difficile de choisir quelqu’un d’autre que le Serbe, bien trop dominant et seul au monde en fin de saison. Logiquement, ce titre lui revient : c’est lui qui possède le plus grand nombre de points sur l’année civile, mais c’est aussi lui qui a marqué les esprits de la planète tennis en passant de la 22e place mondiale à la 1re en écrasant absolument tout sur son passage.

NOS FRANÇAIS

C’est notre déception : Lucas Pouille

18e au 1er janvier 2018, 31e aujourd’hui : la dégringolada de Lucas Pouille aurait pu être encore plus violente. Dans sa vingt-quatrième année, Lucas Pouille portait sur ses épaules l’espoir d’un tennis français qui voit vieillir ses 4 Mousquetaires. Pour l’année 2018, c’est raté. Avec 52% de victoires sur l’année civile (contre 63% en 2017), le Nordiste a totalement foiré sa saison, notamment en Masters 1000 où il n’a remporté que deux rencontres. Deux rencontres gagnées en Masters 1000 pour un membre du Top 20, c’est extrêmement sale. Même Jack Sock, aujourd’hui 106e mondial, a plus de victoires que notre frenchie en Masters 1000. On peut interpréter ce naufrage de plusieurs manières, mais on évoquera la fin d’une ère entre le joueur et son coach Manu Planque. Lucas Pouille avait peut-être besoin d’un nouveau cadre pour relancer sa carrière, et c’est l’excellente Amélie Mauresmo (oui, oui) qui se chargera de cette mission dès 2019.

C’est notre surprise : Ugo Humbert

On passe du 52% de victoire en 2018 de Pouille au 69% d’Ugo Humbert, jeune joueur de 20 ans qui est parvenu à rentrer dans le Top 90 sur le gong. Malgré un début de saison amputé, Humbert nous a sorti une fin de saison Djokovicienne sur le circuit Challenger. En 5 mois de compétition (Juillet – Décembre), le jeune Français a connu 6 finales pour 3 victoires finales. À noter aussi, une percée à l’US Open où il est sorti des qualifications pour s’incliner au second tour en prenant un set à Stan Wawrinka. Le bilan est bon, le jeu est bon, le flow est bon, on peut enclencher la hype : Ugo Humbert sera très certainement présent à l’Australian Open début janvier. Bienvenu dans la cour des grands !

C’est notre meilleur joueur : Gilles Simon

Comment ça notre meilleur joueur n’était pas présent à Lille pour la finale de Coupe Davis ? Cette année, notre meilleur joueur, c’est Gilles Simon. 3e joueur français au classement ATP (30e), Gillou a eu le mérite de remporter deux tournois (Pune et Metz) et d’atteindre les huitièmes de finale à Wimbledon, ce qui restera la plus grosse perf’ de nos Français cette année. Oui, c’est pauvre, mais on prend ce que l’on peut. C’est aussi à Gilles Simon que l’on doit le meilleur parcours d’un français sur un tournoi. À Pune, premier tournoi de l’année, notre Français s’est débarrassé de Marin Cillic et Kevin Anderson, futurs pensionnaires du Top 10 mondial et finalistes de Grand Chelem en 2018. Propre.

Pierre

Pierre

Expert Tennis chez La Sueur
Petite Balle Jaune is life.
Pierre
Photo By: ATP

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