Batman V Superman : la review définitive

Critique du très discuté Batman V Superman

Vieux motard que jamais, après deux séances ciné VF & VO, on vous livre la galette. Notre critique du tant attendu Batman V Superman : Dawn Of Justice, deuxième épisode du DC Cinematic Universe.

Premier point et pas des moindres, si vous avez vu la bande-annonce ou les bandes-annonces, vous avez déjà vu les ¾ du film. Nous profitons donc de cet instant funeste pour pousser un coup de gueule contre les studios hollywoodiens qui en montrent toujours plus, alors que franchement arriver devant un film et le découvrir de A à Z, ça reste un kiff suprême (cf. Interstellar avec la présence de vous savez qui…).

La parenthèse sur les teasers-trailers étant close rentrons si vous le voulez bien dans le vif du sujet. Après un Man Of Steel de bonne facture, mais critiquable (7.2 sur Allociné quand même) sorti en 2013, Zach Snyder (300, Watchmen ou encore Dawn of the Dead) remet le couvert avec Christopher Nolan en producteur.

Autant vous le dire tout de suite, Batman V Superman est un bon film. Peu importe ce que vous lirez, verrez ou entendrez, c’est un bon film.

L’introduction avec la fameuse scène sur la mort des parents Wayne est un régale et superbement stylisée. Snyder fait ainsi coup double : réussir un passage quasi obligé pour tous les spectateurs novices (Pourquoi Bruce Wayne est devenu Batman ?) et instaurer dès les premières minutes son style si caractérisable. Avec Ben Affleck, Snyder ne s’est d’ailleurs pas trompé, bien au contraire. On a ici LE MEILLEUR BATMAN of all time et l’interprétation qui ressemble le plus à celle des comics. Sérieusement, au niveau du design son costume en jette, un océan de puissance et d’intimidation se déverse à l’écran à chacune de ses apparitions. Physiquement, Ben Affleck est ultra solide, au contraire d’un Christian Bale pourtant tanké, il remplit le costume avec son scaphandre de muscles. Dans le film, le Batman tue et à foison. Quid de son code, pourtant si cher aux fans ? Eh bien, voyez-vous, plus le film avance, plus on comprend que Bruce Wayne a connu des désillusions et des pertes d’êtres qui lui étaient chers (Rachel, Robin, des émployés et bien évidemment sa famille). Aujourd’hui donc, plus que jamais, seul le résultat compte: mettre un ennemi hors d’état de nuire est l’objectif, pour le reste, on se torche avec. Les scènes d’action du Dark Knight seront donc d’un niveau badass jamais atteint chez ce personnage et l’utilisation des gadgets y est pour beaucoup. En effet, les gadgets sont utilisés quand il le faut et pas pour dire « Regardez, regardez, j’ai une batwing (salut Dark Knight Rises) ». Quand on se souvient de traitement qui avez été réservé à Daniel Craig lors de son annonce comme James Bond, on ne peut s’empécher de faire le rapprochement avec Ben Affleck. Aujourd’hui, les deux cartonnent et ferment des bouches par paquet de 100 avec leurs prestations dans ces rôles mythiques.

ben affleck Batman

Henry Cavill, lui est toujours aussi solide en Superman. Bien que plus en retrait après une première aventure centrée sur son personnage, il joue juste et en toute sobriété. Gal Gadot campe une Wonder Woman convaincante et parvient presque à nous donner envie d’aller voir le film qui sera consacré à l’amazone…Mention spéciale à sa Theme Song ! Pour le film Hans Zimmer, à court d’inspiration après ses multiples travaux, a été rejoint par la nouvelle coqueluche d’Hollywood Junkie XL (Les BO de Mad Max et DeadPool c’est lui). Si la BO manque parfois de variété, la musique de Wonder Woman est un pur délice, à consommer sans modération :

Dans le film, on apprécie également les seconds rôles, d’un Jeremy Irons (Alfred) trop rare à Scoot McNairy. Cependant, deux points tempèrent notre enthousiasme au niveau du casting. D’une part, Jesse Eissenberg en fait beaucoup trop en Lex Luthor. Le personnage est dans le comic très intelligent, posé et réfléchi. Ici, on nous sert un Joker bis. D’autre part, le cas Lois Lane mécontentera beaucoup d’entre nous. Si Amy Adams fait comme toujours le travail, on se demande souvent ce que son personnage fait là. Dans The Dark Knight, le cas Rachel Dawes était crucial à l’histoire avec un triangle amoureux entre Dent, Wayne et la demoiselle. Dans Batman V Superman, Lois Lane est seulement présente car c’est la go de Superman, ni plus ni moins. Un peu léger comme argument pour un personnage si récurrent.

Nous faisons le choix de spoiler le moins possible, mais sachez que le traitement de la relation entre Batman et Superman est très bon. Le premier acte permet ainsi de mettre en exergue toute la haine qui monte chez Bruce Wayne envers « l’alien » de Krypton. La fameuse baston entre les deux mastodontes est donc particulièrement jouissive puisqu’elle intervient après 1h45 de monter en puissance. Le traitement de DoomsDay, bien que différent de celui des comics est très intéressant. Si son origine diffère, son impact est crucial (cf comic au titre révélateur, les vrais savent et les autres découvriront en visionnant le film). On se retrouve bel et bien face à l’ennemi le plus puissant de l’histoire des films de superhéros, et si la solution pour l’arrêter est un peu grossière, on appréciera tout de même ce que dégage ce gros tas de morve ultime pendant ces minutes à l’écran.

Batman-V-Superman-Doomsday

Comme dans la Trilogie du Dark Knight, on sent que Snyder (Et Nolan ?) veut construire une œuvre globale, sortant du cadre du film de superhéros pour enfant. Si le film a été amputé de 30 minutes et ne dure finalement « que » 2h30, de nombreux sujets sont abordés comme la religion ou le racisme. Des thématiques graves surtout dans le contexte actuel et qui permettent d’emmener le film dans le réel. Si l’on apprécie un traitement aussi adulte pour un blockbuster à 250 millions de dollars, une impression de fouillis se dégage devant la multitude de sujets et thématiques. En effet, en voulant en développer trop, le film ne peut pas correctement creuses tous ces sujets pourtant passionnants. L’absence d’humour dans le film (même si Alfred vous fera marrer) ne fait que rajouter de la crédibilité aux choix de réalisation. On est dans une ambiance sombre proche des comics de Frank Miller, des vannes foireuses auraient donc nui à l’atmosphère du film. Comme souvent dans ce genre de film, le sort de l’humanité dépend du superhéros, sauf que cette fois, le réalisateur veut vraiment transmettre tout ce que cela engendre. Visuellement, Snyder fait du Snyder, slow-mo, visuel léché et scènes de combat épique, on en prend plein la gueule. Certains passages sont en revanche assez surprenants pour un film à si gros budget et vous feront dire que trop de CGI tue la CGI. Vous aurez comme l’impression désagréable d’assister à une partie de TEKKEN sur PS4 par moment.

Ça piquote les yeux...

Ça piquote les yeux…

Un film donc très bon dans l’ensemble même si prévisible. Effectivement, la Justice League étant déjà en préparation, il n’y a pas de place à l’imprévu. Si certaines séquences sont traitées trop rapidement, le Director’s Cut de 3h00 devrait corriger le tir. Malgré le bashing incompréhensible contre ce film, on vous conseille donc d’y aller ; ne serait-ce que pour vous faire votre propre idée du combat du siècle.

Batman v Superman: Dawn of Justice traduit Batman v Superman : L’aube de la Justice est un film de super-héros réalisé par Zack Snyder, sorti le mercredi 23 mars 2016 en France.

Durée : 2h31

PG-13

Avec Henry Cavil – Superman / Clark Kent
Ben Affleck – Batman / Bruce Wayne
Gal Gadot – Wonder Woman / Diana Prince
Jesse Eisenberg – Lex Luthor Jr.
Amy Adams – Lois Lane
Diane Lane – Martha Kent
Laurence Fishburne – Perry White
Holly Hunter – Senateur Finch
Jeremy Irons – Alfred Pennyworth

Photo By: comingsoon.net, flickeringmyth.com