Sunni Colon – Made in CALIFORNIE

2016 arrive bientôt à son terme, enfin ! Mais il serait triste de clore cette année sans évoquer l’un de mes coups de cœur. Exit le froid et la grisaille de décembre, je vous propose d’aller à Los Angeles faire le plein de vitamine D en compagnie d’un jeune artiste bourré de talent : Sunni Colon.

Système D

La scène se passe en 2013. Un jeune new-yorkais débarque dans la cité des anges dans une vieille caisse, avec quelques dollars en poche. Son objectif, faire du son et vivre de sa passion. Jusqu’ici, on a l’impression d’être dans un nième conte sur le rêve américain, rien d’original donc. Sauf que la ténacité de Sunni Colon commence à porter ses fruits.

Sunni Colon, de son vrai nom Thierry Tetsu est un artiste californien. Lorsqu’il débarque à LA en 2012-2013, ce dernier n’a qu’une idée en tête. Montrer à ses parents que son aventure est plus qu’un simple caprice. Pour cela il ne ménage pas sa peine. Il bosse dans des restaurants miteux pour payer quelques heures en studio. Les débuts sont difficiles, très difficiles. Seul, sans le sou, il continue à travailler comme un acharné et à se nourrir du soleil et du groove propre à la côte Ouest.

Autodidacte

À l’âge de 13 ans, il maîtrisait cinq instruments. Ayant appris en grande partie seul, ces facilités lui permettent aujourd’hui d’être auteur, compositeur et interprète. En 2014, après quelques morceaux d’inspiration funk – pop lachés sur SoundCloud dont cette petite pépite « Temple », l’intérêt autour de Sunni commence à grandir. En effet, il est repéré par Roc Nation, qui le signe illico, flairant le potentiel de Thierry.

C’est en 2016, lorsqu’il sort son projet « Thierry Disko » qu’il commence à se faire connaître du grand public. Ce projet est un doux mélange de disco-pop et de Soul exubérant. Ces beats rétro sonnent comme la face B d’un album de Steely Dan. Il montre ici toute son habilité à utiliser la matière Rnb dans toute sa richesse.

Derrière cet excellent premier EP, Sunni se dévoile un peu plus, notamment les conditions dans lequel a été enregistré l’album. En 2014, lorsqu’il commence à bûcher sur son projet, il dort dans sa voiture. Acculé, il utilise l’ordinateur de ses hôtes parfois pour composer et enregistrer un morceau. Remarqué par Dillon Pace, auteur et compositeur new-yorkais, ce dernier l’invite à venir à NY pour terminer l’enregistrement. Sunni lui dit clairement qu’il n’a pas un rond pour le mixage. Peu importe pour Dillon puisqu’il accepte sans sourciller de prendre en charge le reste.

Ce projet, très intime, notamment sur le morceau « PussyAINTTHATPINK » nous rappelle parfois l’excellent Channel Orange de Frank Ocean. On y retrouve la même tendance à agencer les harmonies avec douceur et agilité. La ressemblance est parfois saisissante entre Sunni et Frank, par exemple sur l’irrésistible « Voyage/Lightyears ». On y retrouve un tempo vaporeux et des mélodies délayées. Un mélange subtil entre Soul, Rnb, Funk et Pop

Avec des références notables à Daft Punk en passant par Stevie Wonder et The Neptunes, Sunni Colon est assurément un artiste qu’il faut suivre. Il n’est jamais avare, il alimente régulièrement sa page Soundcloud de quelques bijoux.

Par Yassir

Photo By: travelmyday.com

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