The Eminem Show, l'un des plus grands classiques d'Eminem

Il y a 15 ans sortait The Eminem Show, le 4ème album d’Eminem. S’il n’est pas forcément considéré comme le meilleur par les critiques, il fait partie des plus importants de la carrière de Marshall Mathers, et il est sorti à un moment charnière de sa vie.

The Eminem Show, l’album de l’année 2002

The Eminem Show a été l’album de l’année toutes catégories confondues, que ce soit en termes de succès d’estime et de ventes. C’est l’album qui a été le plus vendu aux États-Unis (plus de 10 millions d’exemplaires) et dans le monde (plus de 21 millions) cette année-là. Un véritable triomphe dans une période où ce n’était pas forcément ordinaire pour un album de rap, un 50 Cent par exemple n’ayant pas encore émergé. Seulement voilà, son futur mentor, Eminem, était déjà un artiste reconnu et confirmé, et certainement le rappeur (vivant) le plus connu et le plus populaire au monde.

The Slim Shady LP, son deuxième album étant donné qu’il faut considérer Infinite comme le premier, l’avait rendu célèbre et a été le véritable point de départ de sa carrière avec le début d’une collaboration idyllique avec Dr. Dre et le titre phare My Name Is.

The Marshall Mathers LP, considéré par le magazine américain Complex comme le meilleur qu’il ait fait (classement établi en 2013), lui avait permis de confirmer avec des hits comme The Way I Am, The Real Slim Shady ou Stan.

2002, une année faste

The Eminem Show l’a inscrit au panthéon des plus grands. Le premier faisait la part belle à la folie de Slim Shady, le second devenait un peu plus personnel en évoquant Marshall Mathers, le troisième a consacré Eminem, la somme artistique de Marshall et de son alter ego. C’est certainement le plus homogène des trois : il y a des musiques délirantes à la Slim Shady comme Without Me, Superman, Drips ; des musiques plus personnelles comme Cleanin’ Out My Closet, Soldier ou Hailie’s Song ; et des musiques plus générales, parfois politique (White America, Square Dance), parfois sociale, axée sur la musique et ce que cela génère de négatif (Say Goodbye To Hollywood) ou de positif (Sing For The Moment). Pour réaliser tout ça, il s’est approprié une nouvelle casquette artistique en étant le producteur d’une majeure partie de l’album. 17 titres sur les 20 (tous sauf Business, Say What You Say et My Dad’s Gone Crazy), avec en point d’orgue ‘Till I Collapse. L’un des musiques les plus « énervées » d’Eminem, malgré le refrain chantant du regretté Nate Dogg. C’est dans cette musique qu’il se considère parmi les greatest rappers, citant dans l’ordre Redman, Jay-Z, Tupac, Biggie, Andre 3000, Kurupt, Nas et lui-même. Était-ce le véritable ordre ou le besoin de tout faire rimer ? Toujours est-il qu’avec ces musiques et ces lyrics, Eminem a été l’auteur et le réalisateur d’un show mondialement reconnu.

8 Mile Road… to success

Star, icône, rappeur, producteur, puis acteur. Quelques mois plus tard, c’est au cinéma qu’il va connaître le succès avec la sortie de son film, 8 Mile. Un film quasi autobiographique, largement inspiré de sa vie, mais qui reste la fiction de Bunny Rabbit. Il déclarait à ce propos : « Le film n’est pas pire que ma vie, car je ne veux pas que les gens aient pitié de moi. Le film n’est pas mieux que ma vie, car je veux que les gens comprennent d’où vient ma musique ». Quoi qu’il en soit, sans être un chef d’œuvre, le film où il tient le premier rôle a connu un grand succès populaire aux États-Unis et en dehors. Avec ses battle raps, sa bande originale composée – uniquement – de classiques (Shook Ones, Juicy, C.R.E.AM, etc.), la présence de certaines personnes proches d’Eminem (Proof, Xzibit, Obie Trice) et d’acteurs connus ou en devenir (Kim Basinger, Brittany Murphy, Anthonie Mackie), 8 Mile un film que tous les fans d’Eminem (ou non) et que les amateurs de rap (ou non) ont certainement vus et revus et qui permet d’en apprendre plus sur cette musique urbaine.

‘Till he collapses

« Jusqu’à ce qu’il s’effondre ». Em’ ne croyait pas si bien dire puisqu’il va connaître une chute assez importante. Tout d’abord d’un point de vue artistique : malgré le bon album de son groupe D12, son 5ème album solo Encore sorti en 2004 s’avère nettement moins bon. Le succès commercial et les quelques bonnes musiques (Mosh, Like Toy Soldiers, Mockingbird) ne cachent pas les moins bonnes et la controverse née de Just Lose it où il attaque et humilie Michael Jackson notamment. Eminem est un habitué des controverses depuis ses débuts, mais celle-là a tout de même été rude et lui a porté préjudice auprès du grand public.

Après cet album, il sort un best-of Curtain Call puis se concentre principalement sur la production d’artistes tels que 50 Cent ou Obie Trice.

D’un point de vue personnel, il va connaître une période tourmentée. Le décès par balle de son collègue et grand ami Proof en 2006 a été l’évènement déclencheur de ses problèmes de dépression et d’addictions aux médicaments. Marshall souffre, frôle la mort suite à une overdose tandis qu’Eminem disparaît des radars.

The Show Must Goes On!

Heureusement pour ses fans, mais surtout pour lui, il va reprendre pied et le chemin des studios vers la fin 2008, en même temps que la fin du mandat de son meilleur ennemi George W. Bush. Relapse (Rechute) sort en mai 2009, environ 10 ans après The Slim Shady LP. On sait que l’on ne retrouvera pas le Eminem des débuts : il est sensiblement le même, toujours aussi bon et provocateur, mais un peu moins fringant, percutant. Qu’à cela ne tienne, Eminem est quand même de retour et se remet petit à petit dans la musique et dans sa vie. L’album Recovery (Guérison), fausse suite de Relapse, sort en 2010 et efface des tablettes ce qu’il a fait précédemment.

“Them last two albums didn’t count: Encore I was on drugs, Relapse I was flushing em’ out”. (Talkin’ 2 Myself feat. Kobe)

Sous l’emprise de drogues quand il a sorti Encore, il s’en est débarrassé sur Relapse pour enfin revenir au sommet. « Hottest MC in the Game 2010 » selon MTV, « MC of the Year » selon le site HipHop DX, Em’ est bel est bien là, et le meilleur est à venir. Il collabore à nouveau avec son vieil ami de Detroit Royce Da 5’9 pour reformer Bad Meets Evil et sortir l’EP Hell : The Sequel en 2011. Il produit à nouveau des artistes sur son label Shady Records (Slaughterhouse, Yelawolf, plus récemment Westside Gunn et Conway) et reste surtout l’un des meilleurs – si ce n’est le meilleur – en termes de flow et de textes, comme en témoigne ce freestyle au BET Cypher 2011.

The Marshall Mathers LP II, le dernier en date sorti en 2013 est son meilleur album depuis The Eminem Show et l’a définitivement remis dans le game. Depuis Recovery, Eminem a fait l’impasse sur les interludes qui ponctuaient son album pour ne laisser place qu’aux musiques. S’il est composé de nombreuses bonnes musiques, Rap God est celle qui a fait le plus parler. Il démontre pourquoi il s’autoproclame Dieu du Rap dans une musique de 6 minutes où il montre toute sa palette : variété de mots, de flow, etc.

Eminem suscite toujours autant d’engouement, à chaque musique, chaque album, interview, apparition, concert, etc. Il est une superstar, celui qui a parlé et a été le symbole de toute une génération. Celle des années 2000, durant lesquelles il a été le rappeur et l’artiste phare (Prix de l’artiste de la décennie 2000-2009 décerné par Billboard) ; mais aussi celle des années 2010, où il continue d’exceller, de vendre (plus de 300 millions d’albums vendus depuis le début de sa carrière) et d’être considéré comme le meilleur par ses pairs. The Eminem Show must goes on, avec pourquoi pas un album dans les mois à venir. Par Babacar

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